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Hausse du nombre d'apprentis en 2022 : "Ce sont essentiellement des apprentis du supérieur", explique le Syndicat national de l'enseignement technique, action, autonome

Le nombre d'apprentis a progressé de 14% en un an. Selon Pascal Vivier, secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement technique, action, autonome, ces apprentis sont essentiellement des étudiants du supérieur.
Article rédigé par franceinfo
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Un atelier de menuiserie à Maleville dans l'Aveyron dispose d'alternants. (photo d'illustration) (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"Le développement de l'apprentissage ne se fait pas sur l'infra-bac, mais massivement sur le supérieur", explique ce vendredi sur franceinfo Pascal Vivier, secrétaire général du SNETAA-Fo (Syndicat national de l'enseignement technique, action, autonome). Selon un bilan dressé par le ministère du Travail jeudi, 811 500 contrats d'apprentissage ont été signés dans le privé l'an dernier, ce qui représente une hausse de 14% par rapport à 2021. Pascal Vivier précise qu'il s'agit "essentiellement d'apprentis du supérieur, c'est-à-dire bac+2, bac+3, dernière année d'école d'ingénieurs, ou des jeunes en école de commerce". Il considère que les jeunes qui décident de suivre un apprentissage après la classe de Troisième sont "surtout des enfants issus de parents commerçants ou artisans, des parents qui ont déjà été apprentis et qui connaissent" donc le secteur.

Le secrétaire national du SNETAA-FO estime que les jeunes "en lycée professionnel" qui choisissent d'être apprentis arrivent "plus jeunes" en entreprise, et "avec beaucoup plus de difficultés scolaires qu'il y a 15 ou 20 ans". Ce sont, selon Pascal Vivier, "souvent des enfants qui sont en échec scolaire au collège" ou qui rencontrent "des difficultés sociales, car beaucoup sont dans une grande misère".

"Il est temps de faire découvrir les métiers dès le collège"

Il alerte par ailleurs sur la difficulté pour certains de devenir apprentis : "la plupart des jeunes qui demandent à faire en apprentissage une seconde en CAP ou en bac pro sont recalés, car ils n'arrivent pas à trouver l'entreprise nécessaire", explique le représentant syndical. Il regrette par ailleurs que de plus en plus de "métiers traditionnels qui se faisaient par apprentissage comme l'esthétisme ou la coiffure, préfèrent prendre une personnalité qui a déjà son bac et qui veut après faire un CAP".

Pascal Vivier veut aussi tirer la sonnette d'alarme sur le manque d'informations disponibles sur l'apprentissage pour les enfants. "Il est grand temps de faire découvrir les métiers dès le collège pour tous les enfants, y compris ceux qui sont les meilleurs scolairement", lance-t-il. Pour le secrétaire national du SNETAA-FO, cela permettrait "à ceux qui se dirigent vers le lycée professionnel et l'apprentissage ne soient pas stigmatisés". Il appelle également à "travailler l'orientation au collège, dès la Sixième", à travers notamment l'éducation manuelle et technique.

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