"On a été oubliés" : des travailleurs précaires dénoncent les conditions d'accès à l'aide exceptionnelle de 900 euros

Pour toucher cette aide annoncée par le gouvernement dans le cadre du soutien de l'économie face au Covid-19, les travailleurs les plus précaires doivent avoir travaillé plus de 60% du temps en 2019.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une demandeuse d'emploi devant une agence Pôle emploi. Photo d'illustration. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

Une aide de 900 euros par mois entre novembre 2020 et février 2021 pour les travailleurs les plus précaires : c'est ce qu'a annoncé le Premier ministre Jean Castex jeudi 26 novembre lors d'une conférence de presse pour détailler les prochaines étapes du confinement. Cette aide doit concerner 400 000 "extras" de la restauration, de l'hôtellerie, intermittents de l'événementiel, du tourisme ou encore des saisonniers.

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La ministre du Travail Elisabeth Borne a précisé les conditions pour en bénéficier : d'abord avoir travaillé plus de 60% du temps en 2019, puis ne pas avoir suffisamment travaillé en 2020 pour recharger ses droits au chômage du fait de la crise du Covid-19. Mais dans les faits, beaucoup de travailleurs précaires craignent de ne pas remplir ces conditions.

C'est sur la route d'une station de ski des Hautes-Alpes qu'Amélie a appris qu'elle ne travaillerait pas avant le début de l'année prochaine à cause de la crise sanitaire. Elle devait conduire pendant 5 mois des téléskis. "Je compte beaucoup sur la saison d'hiver qui me permet de vivre l'année, là ça fait déjà un mois de travail en moins, ça fait un gros trou", s'inquiète-t-elle. Et si la station n'ouvre pas non plus en janvier, ses droits au chômage arriveront vite à terme et elle ne touchera pas l'aide annoncée par le gouvernement. "Moi qui ne travaille que les saisons d'hiver et d'été je n'entre pas dans les conditions pour toucher l'aide, alors que j'ai la chance d'être dans une station qui ouvre longtemps", regrette Amélie.

Pas de rétroactivité

Les critères fixés pour bénéficier des 900 euros par mois sont trop restrictifs dénonce également Xavier Chargui, intermittent, maitre d'hôtel dans la restauration : "Le gouvernement explique qu'il faut avoir fait au minimum 910 heures de travail en 2019, à peu près, pour toucher l'aide. Très peu de personnes vont pouvoir en bénéficier !"

Autre motif de colère pour ce maitre d'hôtel : l'aide n'est pas rétroactive. "On a été oublié. Depuis le mois de mars on ne m'a rien donné, dénonce-t-il. Je me suis endetté. C'est inadmissible de nous avoir laissé mourir. Le 'quoiqu'il en coûte', il n'y en a pas eu." Xavier Chargui prévoit déjà de descendre dans la rue le 1er décembre prochain, avec son collectif de précaires.

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