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A la veille du sommet social, chacun fourbit ses armes

Majorité, opposition et syndicats font valoir leurs arguments en matière d’emploi, de TVA sociale et de compétitivité.

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France Télévisions
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Nicolas Sarkozy à Pamiers, dans l'Ariège, le 17 janvier 2012.  (LB/PSMLIONEL BONAVENTURE / AFP)

"Sommet de crise" ou "sommet social", le rendez-vous du mercredi 18 janvier entre l’exécutif et les syndicats, au palais de l'Elysée, promet d’être tendu. En attendant, chacun affûte ses armes et ses arguments sur les différents moyens de relancer l’emploi et la compétitivité en pleine crise de la dette en zone euro. Principale mesure en ligne de mire : la TVA sociale.

• Nicolas Sarkozy  plaide pour un allègement du coût du travail

En visite dans l’Ariège mardi, le chef de l’Etat a réitéré sa volonté de réformer le financement de la protection sociale en allégeant le coût du travail. "La question se pose maintenant de diminuer le poids des charges sociales sur les effectifs de l'agriculture et de l'industrie françaises, sinon, qu'est-ce qui va se passer, la France se videra de son sang parce qu'on ne pourra plus produire en France", a-t-il lancé lors de ses vœux à la "France rurale".

FTVi
 

Sur fond de hausse du chômage et de dégradation de la note de la France par Standard & Poor's, une des trois grandes agences de notation, le chef de l'Etat veut proposer, lors de ce sommet, un paquet de réformes telles que la TVA sociale, la flexibilité du temps du travail ou une taxe sur les transactions financières. Il veut les faire voter avant le scrutin présidentiel des 22 avril et 6 mai.

•  Les syndicats rejettent toujours la TVA sociale

Plébiscitée par le patronat, la mesure, impopulaire s'il en est - deux tiers des Français y sont opposés selon un sondage CSA - est rejetée par les syndicats: "Si vous augmentez la TVA de 2 % ou 3 %, c'est un plan de rigueur", affirme le numéro 1 de la CFDT, François Chérèque, qui reste favorable à une hausse de la CSG.

Bernard Thibault, lui, fustige le calendrier : "Il est scandaleux qu'on puisse penser légiférer sur une modification des règles du financement de la Sécurité sociale en si peu de temps". Le leader de la CGT s’est dit par ailleurs prêt à "polémiquer" avec Nicolas Sarkozy pour prouver que ce ne sont pas les salariés qui "coûtent trop cher".

• Le Parti socialiste se range derrière l’avis des syndicats

L'équipe de campagne du candidat François Hollande a fait savoir mardi que ce dernier approuverait les mesures du sommet social qui "feront consensus avec les syndicats". Autrement dit, le PS se dit prêt à soutenir des mesures favorisant le chômage partiel, qui permet à une entreprise en difficulté de réduire l'activité en maintenant ses salariés qui toucheront une indemnité. Mais il reste opposé à la TVA sociale.

"La TVA sociale ne passera pas socialement, car c'est avant tout plus de TVA, une hausse des prix, du pouvoir d'achat en moins pour les plus modestes et les couches moyennes, quelque chose qui va toucher le moteur de la consommation et entraîner une récession. C'est une absurdité économique et sociale, et si c'est ça que Nicolas Sarkozy veut mettre sur la table, ce sera combattu, ici à l'Assemblée nationale, et rejeté par les Français", a martelé le directeur de campagne du candidat socialiste, Pierre Moscovici, dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

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