Union européenne : neuf ans après, la France va sortir de la procédure pour déficit excessif

Le déficit public de la France est resté durant trois ans sous la fameuse barre des 3% du PIB.

Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 23 janvier 2018.
Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 23 janvier 2018. (MAXPPP)

Paris va rentrer dans le rang. La Commission européenne va proposer mercredi 23 mai de sortir la France de la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle en 2009, à la faveur de performances budgétaires enfin dans les clous européens. Cette proposition devra encore être formellement entérinée par les ministres des Finances de l'Union européenne avant une sortie effective en juillet.

"C'est une bonne nouvelle pour les Français parce que cela veut dire que nous assainissons les comptes publics", s'était réjoui début mai le ministre des Finances, Bruno Le Maire, avant même l'annonce formelle de la Commission. "Mais il ne faut faire preuve d'aucun triomphalisme", avait-il averti, appelant à poursuivre les efforts.

L'Espagne reste dans le viseur de Bruxelles

Après 2,6% du PIB en 2017, le déficit public français atteindra 2,3% en 2018, puis 2,8% en 2019, a estimé la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques. Ces trois exercices sous la fameuse "barre des 3,0%" du PIB, après dix ans de dérapage, prouvent à ses yeux que la correction budgétaire de Paris est durable.

Cette annonce constitue une avancée positive pour Emmanuel Macron, dont les ambitions pour réformer l'UE étaient jusqu'alors décrédibilisées sur la scène européenne par les performances budgétaires françaises.

La France était en effet l'un des deux derniers pays de la zone euro, avec l'Espagne, encore concernés par la procédure pour déficit excessif, qui peut aboutir à des sanctions et des amendes, même si cela ne s'est encore jamais produit.