Plan d'économies : qui va voter pour, qui va voter contre, qui va s'abstenir ?

Si Manuel Valls devrait réussir à faire adopter le programme de stabilité du gouvernement, la majorité pourrait voter en rangs dispersés.

Les députés se prononcent mardi 29 avril sur le plan d\'économies concoté par le gouvernement de Manuel Valls.
Les députés se prononcent mardi 29 avril sur le plan d'économies concoté par le gouvernement de Manuel Valls. (JOEL SAGET / AFP)

Trois semaines après l'investiture du gouvernement Valls, marquée par l'abstention de onze députés PS sur 291, le débat sur le programme de stabilité du gouvernement, mardi 29 avril à l'Assemblée, s'apparente à un nouveau vote de confiance. En jeu, la politique de l'offre sur laquelle François Hollande compte énormément pour la suite de son quinquennat, plombé par l'absence de résultats sur la croissance et l'emploi.

Qui va voter quoi ? Francetv info fait le point, parti par parti.

Les députés PS et les radicaux : pour mais "quelques dizaines" d'absentions

Les 291 députés socialistes balancent entre la volonté d'un "vote d'alerte", par une abstention sur le programme de stabilité, et le souci d'éviter "un geste de défiance" envers le gouvernement, au lendemain d'aménagements sur le plan d'économies de 50 milliards d'euros.

"Quelques dizaines" d'abstentions ont ainsi été annoncées dans les rangs PS, que le président du groupe Bruno Le Roux s'est refusé à chiffrer mardi. Parmi les députés PS abstentionnistes devraient figurer Christian Paul, Jean-Marc Germain, Jean-Patrick Gille ou encore Jérôme Guedj, un membre de l'aile gauche du PS.

Du côté des 17 députés radicaux de gauche, le oui devrait l'emporter. Mais certains s'abstiendront. "J'ai du mal à voir précisément", confiait au Monde il y a quelques jours le président du groupe, Roger-Gérard Schwartzenberg.

Les écologistes : une majorité contre

La "très grande majorité" des députés écologistes voteront contre le programme de stabilité, comme l'a annoncé à la presse la coprésidente du groupe Barbara Pompili. Douze des 17 députés membres ou apparentés du groupe voteront contre le plan d'économies, les autres se répartissant entre abstention et vote pour.

Les chevènementistes : trois votes contre de plus

Les trois députés chevènementistes, qui sont apparentés au groupe PS, ont annoncé qu'ils voteraient contre. "Le programme de stabilité risque de ruiner les efforts pour rendre à la France sa compétitivité. La priorité doit impérativement être à la croissance et non aux expédients budgétaires visant à améliorer le déficit nominal", explique dans un communiqué le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Luc Laurent.

Les communistes : contre !

Sans surprise, les 15 députés communistes voteront contre le plan d'économies. Ils n'avaient déjà pas voté la confiance au nouveau gouvernement, et la gauche de la gauche, par la voix de Jean-Luc Mélenchon, a dit tout le mal qu'elle pensait de ce texte.

L'UMP et les centristes : un pour, quelques abstentions et beaucoup de contre

A droite, l'UDI, tiraillée, va majoritairement s'abstenir. Même si certains députés centristes estiment que le plan "va dans le bon sens", comme Yves Jégo, leur chef de file. Philippe Vigier déplore, lui, "l'absence de courage du gouvernement""C'est un vote d'abstention qui ne veut pas dire approbation", a-t-il estimé.

L'UMP se pose moins de questions : ce sera non. François Fillon ne veut pas "être complice" d'un plan qui "n'a aucune chance de se réaliser". Jean-François Copé dénonce "une illusion d'optique". Seul l'ancien porte-flingue de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre, devrait voter pour. Comme il l'a expliqué au Monde, il souhaite aider le virage libéral de Manuel Valls, face à "une partie importante de la gauche qui veut l'en empêcher".