Arnaud Montebourg plaide "clairement" pour un changement de cap économique

Le ministre de l'Economie se démarque de François Hollande et de son Premier ministre, dans un entretien au "Monde".

Le ministre de l\'Economie Arnaud Montebourg quitte l\'Elysée après le Conseil des ministres, le 20 août 2014.
Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg quitte l'Elysée après le Conseil des ministres, le 20 août 2014. ( MAXPPP)

Comme un défi lancé à l'exécutif. Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg appelle samedi 23 août, dans une interview au Monde (article payant), à faire "évoluer des politiques qui méritent d'être changées". Depuis son "poste de combat", il se prononce "clairement" pour un changement de cap économique, se démarquant encore un peu plus de François Hollande et Manuel Valls. Quelques jours plus tôt, le président rejetait encore "toute godille et tout zigzag" et son Premier ministre affirmait qu'il était "hors de question" de changer de politique.

"Les choix politiques ne sont pas figés (...) il y a toujours une alternative", estime au contraire Arnaud Montebourg. Le ministre de l'Economie "plaide sans relâche" en ce sens auprès de Manuel Valls, avec qui il assure avoir "des rapports amicaux et trempés dans la franchise", malgré des visions économiques bien différentes.

"Il est urgent d'aider les ménages"

Pour Arnaud Montebourg, "il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et à la montée continue du chômage""empêche le rétablissement des comptes publics" et "jette les Européens dans les bras des partis extrémistes qui veulent détruire l'Europe."

Le ministre de l'Economie juge en outre les prochaines baisses d'impôts annoncées par l'exécutif encore insuffisantes. "On a aidé les entreprises, il est urgent d'aider les ménages", ajoute-t-il. "Nous pourrions par exemple imaginer d'intensifier les baisses d'impôts concernant les classes moyennes et les classes populaires." Alors que François Hollande approche de la moitié de son mandat présidentiel, Arnaud Montebourg lui adresse un clin d'œil sportif : "La mi-temps  est toujours le moment de la revue tactique et stratégique."