Moody's s'apprête à dégrader la note française, et alors ?

Selon "L'Opinion", l'agence de notation s'apprête à faire passer, vendredi, la note de la France de Aa1 à Aa2.

L\'agence Moody\'s devrait annoncer, le 19 septembre 2014, la dégradation de la note française de Aa1 à Aa2, selon \"L\'Opinion\". 
L'agence Moody's devrait annoncer, le 19 septembre 2014, la dégradation de la note française de Aa1 à Aa2, selon "L'Opinion".  (CEM OZDEL / ANADOLU AGENCY / AFP)

La perte du triple A français en janvier 2012 avait provoqué un séisme. Selon L'Opinion, jeudi 18 septembre, Moody's va annoncer vendredi, à la clôture de la Bourse, la dégradation de la note française de Aa1 à Aa2. Dans la quasi-indifférence générale, même si le gouvernement, et François Hollande, ont démenti avoir été informés par l'agence de notation. Explications.

Ce n'est ni une surprise ni une mauvaise note

D'abord, Aa2 représente la troisième meilleure note de la grille d'évaluation des agences qui en compte 21, "soit l'équivalent d'un 16 ou 17 sur 20"note Le Point.

De plus, lors de la première dégradation, Moody's avait donné les critères qui pourraient la pousser à abaisser encore la note : "Si notre confiance dans la mise en œuvre des réformes ou leur efficacité s’érode. Si les perspectives de croissance à moyen et long terme se détériorent encore. Ou si nos anticipations sur la trajectoire de la dette à moyen terme se rapprochaient de 100 % du PIB", résument Les Echos
Or, tant du point de vue de la croissance que de celui de la dette, Bercy a fait le deuil de ses objectifs d'alors : le déficit ne sera pas ramené sous la barre des 3% du PIB en 2015, et les perspectives de croissance restent moroses

De plus, l'agence Standard & Poor’s, concurrente de Moody's, a déjà abaissé la note française au troisième échelon de son tableau, soit "AA". D'ailleurs, "les marchés considèrent déjà que la France est notée AA", explique l’équipe d’ING citée par le quotidien économique. Seul signal négatif, la France décroche encore un peu plus des pays en triple A : Allemagne, Autriche, Finlande, Luxembourg et Pays-Bas. 

La France continuera à emprunter à des taux faibles

"Théoriquement, une dégradation traduit la plus grande exposition d’un Etat à un 'accident de crédit'" et est ainsi "censée entraîner une augmentation des taux auxquels cet Etat emprunte sur les marchés", explique Libération

Sauf que la menace déflationniste a contraint la Banque centrale européenne à abaisser ses taux directeurs à des seuils historiquement bas. Du coup, "il y a surabondance de liquidités [à investir] or, les rendements sont faibles partout et l’appétit pour le risque est encore limité : les investisseurs privilégient donc souvent la sécurité en achetant des titres d’Etat, explique au quotidien Frédéric Bonnevay, économiste membre du Cercle des fiscalistes.

"Depuis le début de l'année, l'Agence France Trésor a emprunté des fonds en versant un taux moyen de 1,51%, contre 4,12% lors de la période 1999-2008", souligne Le PointEt depuis août, Paris emprunte même avec des taux négatifs à court terme.