Israël : un projet de loi sur l'immobilier pour tenter d'apaiser les "indignés"

Pour déminer la crise sociale qui agite Israël depuis trois semaines, le Premier ministre Benjamin Netanyahu soumet aujourd'hui au vote des députés un texte visant à réduire le coût des logements. Insuffisant pour les meneurs de la contestation, qui menacent de durcir le mouvement si le projet de loi est adopté par la Knesset.

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Pour le moment, il n'a pas réussi à reprendre la main, face à une contestation qui ne faiblit pas.
Benjamin
Netanyahou tente aujourd'hui de faire voter un projet qu'il présente comme la réponse à la crise sociale : ce texte prévoit une nouvelle procédure destinée à accélérer
l'obtention des permis de construire, ce qui vise à "réduire le coût des logements,
comme le demandent les participants au mouvement de protestation",
indique un porte-parole du Premier ministre.
"Notre but est d'inonder le marché en construisant des dizaines de milliers
de logements, ce qui se traduira par une baisse des prix dans l'immobilier",
renchérit le président de la commission de l'Economie du Parlement,
le député Carmel Shama-Cohen.

Le texte est soumis aujourd'hui au vote des députés de la Knesset. Mais quelle que soit l'issue du scrutin, il semble que cela ne suffise pas à apaiser le grondement de la rue.
Cette loi "ne permet pas de
proposer des logements abordables comme le réclament des centaines de milliers
d'Israéliens"
, affirme le président de l'association des étudiants Yitzhik Shmuli. Si le texte est voté, "nous allons durcir la protestation".

Des dizaines de manifestants ont d'ailleurs tenté ce matin de barrer les routes menant au Parlement.

Les représentants des manifestants, installés dans des tentes
de protestation un peu partout en Israël, ont l'intention de faire part de leurs demandes directement au gouvernement.
Ils rédigent un cahier de revendications, qui concernent notamment "la santé et l'éducation", indique Yitzhik Shmuli.

Mais le gouvernement a d'ores et déjà prévenu qu'il n'avait pas l'intention d'aller plus loin, en brandissant la menace d'une faillite du pays : "Nous ne voulons pas nous
retrouver dans la situation de la Grèce ou de l'Espagne"
, affirme un porte-parole du gouvernement.