Devant les députés UMP, Sarkozy parle de l'avenir de l'Europe et tacle la gauche

Le chef de l'Etat s'est adressé à sa majorité ce soir, deux jours après l'accord franco-allemand et à la veille du sommet de l'Union européenne.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, à la sortie du Conseil des ministres, à Paris, le 7 décembre 2011.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, à la sortie du Conseil des ministres, à Paris, le 7 décembre 2011. (ERIC FEFERBERG / AFP)

"L'Europe n'est pas sortie de la crise. Le risque d'explosion est prégnant tant que les décisions prises avec Angela Merkel ne sont pas effectives", a déclaré le chef de l'Etat, mercredi 7 décembre. Nicolas Sarkozy a reçu les députés UMP après l'accord franco-allemand sur un nouveau traité européen de lundi et avant le sommet de l'Union européenne, jeudi et vendredi.

En réponse à une question du député UMP Lionnel Luca, le président a ensuite affirmé vouloir "refonder l'Europe" et la "repenser". "On ne peut pas continuer à être le marché le plus ouvert au monde et accepter les produits des pays qui ne respectent aucune règle", a expliqué Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat envisagerait un délai de "deux ans" pour adopter un nouveau traité, selon Lionnel Luca, qui croit avoir compris qu'"on pourrait avoir un accord politique avant la révision juridique des traités". Leader du collectif de la Droite populaire, ce député plaide, lui, pour un référendum.

La gauche égratignée

Répondant indirectement à la gauche, qui l'accuse de céder devant Berlin, Nicolas Sarkozy a fait l'inventaire des concessions réalisées par la chancelière allemande, Angela Merkel, ces derniers jours.

Sans se prononcer sur sa candidature, le chef de l'Etat a renvoyé dans les cordes l'opposition, qui l'accuse d'être un président en campagne aux frais de l'Etat. "Imaginez que je dise que la moitié de la journée, je m'occupe des Français et l'autre moitié, je m'occupe de ma campagne... Succès assuré !", s'est-il exclamé.

Autre sujet sur lequel Nicolas Sarkozy a répondu avec virulence à la gauche : le droit de vote des étrangers non issus de l'UE aux élections locales, auquel il s'est opposé le 23 novembre. "Cela s'appelle chercher le vote communautaire quand on a du mal à avoir un vote populaire", a-t-il dit. La gauche doit défendre ce droit de vote jeudi au Sénat, où elle est majoritaire.