Londres pose ses conditions à un nouveau traité européen

Si les dirigeants européens optent pour un traité à 27, il faudra prendre en compte les exigences britanniques, explique David Cameron dans une tribune au "Times".

Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron le 2 décembre 2011 à Paris.
Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron le 2 décembre 2011 à Paris. (JOHN SCHULTS / REUTERS)

David Cameron annonce la couleur : "Oui à un changement de traité, mais à nos conditions." Dans une tribune publiée mercredi 7 décembre dans The Times (lien payant), le Premier ministre britannique met en garde ses homologues européens : le Royaume-Uni ne donnera son aval à un nouveau traité européen que s'il ne nuit pas à ses intérêts.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy doivent plaider, lors du sommet européen de jeudi et vendredi, pour la mise en place d'un nouveau texte cadre pour l'Union européenne (UE), avec notamment des sanctions automatiques pour les pays dont les déficits sont trop importants. Il pourrait concerner les 27 membres de l'Union ou seulement les 17 pays de la zone euro, auxquels pourraient se joindre des Etats volontaires. 

Sauver l'euro, mais pas à ses dépens

"S'ils optent pour un traité séparé, la Grande-Bretagne n'aura évidemment pas à le signer ni à l'amender", mais si les Etats membres de la zone euro veulent utiliser les institutions européennes pour protéger la monnaie unique, ils vont devoir répondre au préalable à un certain nombre d'exigences britanniques, précise le Premier ministre.

"L'objectif le plus important de la Grande-Bretagne est pour le moment de régler le problème de l'Eurogroupe qui a des effets négatifs sur [son] économie", concède cependant David Cameron. Une réforme impliquant les 27 Etats membres de l'UE est, selon lui, "la voie la plus crédible pour faire avancer l'Europe", mais elle n'est pas suffisante à ses yeux. "Pour sauver la monnaie unique, il faut plus qu'un traité. Il faut régler le problème de la compétitivité, le problème du déficit, il faut prendre des mesures pour convaincre les marchés qu'on est sérieux".