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Le gouvernement se prépare à une dégradation du AAA français

Alors que les marchés bruissent de rumeurs autour d'une dégradation imminente du triple A français, le gouvernement semble préparer le terrain à ce qui "ne serait pas un cataclysme", selon Alain Juppé.

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François Fillon, premier ministre, et Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, le 6 décembre 2011, à l'Assemblée nationale, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Depuis plusieurs jours, les dirigeants français semblent préparer le terrain avant une perte du triple A. Alors que, mercredi 14 décembre, certains acteurs sur les marchés anticipent une dégradation de la note française, comme l'explique le site économique Business Insider (article en anglais), le président et le gouvernement ont intégré cette possibilité dans leur discours.  

Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, interrogé par Les Echos mercredi, a commenté une possible perte du AAA français : "Ce ne serait pas une bonne nouvelle, bien sûr, mais ce ne serait pas non plus un cataclysme." Le ministre a alors pointé du doigt la trop grande importance accordée aux agences de notation : "Elles sont parfois dans l'appréciation subjective et politique. Sans doute faut-il aussi leur accorder moins d'importance dans le débat politique."

Lundi, dans un entretien publié dans Le Monde, Nicolas Sarkozy avait assuré que si la France perdait son triple A, "nous affronterions cette situation avec sang-froid et calme". "Nous ne changerons pas de cap", a assuré Valérie Pécresse, ministre du Budget, mercredi à la sortie du Conseil des ministres, ajoutant que la France restait "une valeur sûre".

Champ de bataille de la campagne présidentielle

Ces réactions font suite à la mise sous surveillance négative de la note française, annoncée le 5 décembre par l'agence de notation Standard & Poor's. Cette dernière menaçait même de dégrader le triple A français de deux rangs.

Cette perspective a été immédiatement utilisée par l'opposition socialiste, en quête d'arguments dans la course à la présidentielle. Pour le député PS Laurent Fabius, "cela veut dire que Nicolas Sarkozy sera le président de la République qui aura laissé dégrader la France (...). Si on perd le triple A, ce qu'il nous restera, c'est le double I, c'est-à-dire à la fois l'inefficacité et l'injustice."

Le destin de la note française est déjà un des champs de bataille de la campagne. Dans un premier temps, l'UMP a clamé qu'en cas de victoire de François Hollande en mai 2012, le AAA français serait condamné. Comme le rappelle Le Monde, cet angle d'attaque a été abandonné par le parti majoritaire, face au risque de voir le triple A dégradé sous la mandature de Nicolas Sarkozy.

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