Hollande réunit un mini-sommet européen pour explorer la piste d'une "Europe différenciée"

François Hollande réunit ce lundi en fin d'après-midi sous les ors du Château de Versailles un mini-sommet européen. Avec pour ambition d'explorer, à l'approche des 60 ans du Traité de Rome, les pistes de relance d'une Europe ébranlée par le Brexit et la montée des populismes.

Le parterre d\'eau, devant l\'aile du Midi du Château de Versailles.
Le parterre d'eau, devant l'aile du Midi du Château de Versailles. (GUY THOUVENIN / ROBERT HARDING HERITAGE)

Comment organiser la nouvelle Union européenne, celle à 27, sans les Royaume-Uni ? Ce sera, en somme, la question qui se posera ce lundi 6 mars lors du mini-sommet européen convoqué par François Hollande sous les ors du Château de Versailles. Le président de la République y reçoit l'Allemande Angela Merkel, l'Italien Paolo Gentiloni et l'Espagnol Mariano Rajoy. Les dirigeants des quatre pays les plus peuplés de la zone euro veulent tracer des pistes pour l'avenir de l'Europe, pour hypothèse privilégiée une Union européenne à plusieurs vitesses.

Une Europe différenciée

"L'Europe différenciée est une idée qui s'impose" : voilà ce que dit François Hollande dans l'interview publiée ce lundi dans six journaux européens, dont Le Monde. Clairement, l'Europe à plusieurs vitesses se dessine avec, en clair, un renforcement de la coopération de groupes de pays dans certains domaines, comme celui de la défense. François Hollande y voit un moyen de "relancer" l'Union européenne. L'affaire paraît possible après le Brexit mais le chef de l'Etat entend associer le Royaume-Uni au projet. Au sein des Vingt-sept, des pays pourraient aller plus vite dans d'autres domaines comme le contrôle des frontières, les questions sociales...

Au loin, le spectre d'une cassure Est-Ouest

La France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sont favorables à ce scénario d'une Europe à plusieurs vitesses. C'est l'une des cinq hypothèses présentées la semaine dernière par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker et elle semble faire consensus. Aujourd'hui, les quatre dirigeants présents à Versailles veulent donner un élan en ce sens, mais plusieurs États ne partagent pas forcément l'opinion de ce noyau dur, d'où le risque d'une cassure entre l'Ouest et l'Est de l'UE. La presse a prêté ces dernières semaines à François Hollande l'ambition de briguer la présidence du Conseil européen après son départ de l'Elysée à la mi-mai.