Angela Merkel a-t-elle contribué à évincer Silvio Berlusconi ?

Lors d'un appel passé en octobre, l'Allemagne aurait poussé le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, à imposer une démission au Cavaliere, raconte le "Wall Street Journal", vendredi. 

Silvio Berlusconi et Angela Merkel, le 3 novembre 2011, au sommet du G20 à Cannes. 
Silvio Berlusconi et Angela Merkel, le 3 novembre 2011, au sommet du G20 à Cannes.  (YVES HERMAN / AP / SIPA)

Le sort de Silvio Berlusconi était déjà scellé en octobre. Et l'Allemagne a contribué à la démission du Cavaliere, intervenue le 12 novembre. C'est ce que révèle, vendredi 30 décembre, le quotidien américain Wall Street Journal, qui consacre un long article aux tensions entre dirigeants européens nées de la crise de l'euro. 

Selon le journal, qui s'appuie sur les déclarations de plusieurs responsables politiques, la chancelière allemande Angela Merkel a passé, courant octobre, un appel à Rome dans le but de "sauver l'euro". Au bout du fil, Giorgio Napolitano, le président de la République italienne.

Le départ de Silvio Berlusconi est rapidement mentionné au cours de la discussion. Le Wall Street Journal indique en effet qu'Angela Merkel a "gentiment incité" Giorgio Napolitano à débarquer le Premier ministre dans le cas où ce dernier ne parviendrait pas à à "changer l'Italie", dont l'économie fragile menace l'équilibre de la zone euro. 

La présidence de la République italienne dément

Pour le Wall Street Journal, la chancelière allemande a ainsi rompu avec la tradition européenne de "ne pas intervenir dans les affaires internes" des pays membres.

Les affirmations du Wall Street Journal ont été démenties par la présidence de la République italienne. Cette dernière a nié une quelconque pression exercée par la chancelière allemande. Au cours de la conversation entre Angela Merkel et Giorgio Napolitano, "il n'a pas été question de politique interne italienne, et encore moins d'une demande de changer de premier ministre", affirme la présidence italienne.

Toutefois, la polémique a gagné le pays. Le Parti de la Liberté de Silvio Berlusconi menace déjà : "Il faut espérer que Berlin démentira et que son démenti sera vraiment convaincant", a déclaré son porte-parole.