Une centaine d'économistes appellent à annuler les dettes publiques détenues par la BCE pour "investir dans la reconstruction écologique et sociale"

Ils proposent cet effacement en échange d'une promesse des Etats membres à investir les sommes correspondantes dans "la reconstruction écologique et sociale".

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Le siège de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne), le 14 septembre 2020. (DANIEL ROLAND / AFP)

Plus d'une centaine d'économistes lancent un appel à annuler les dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne (BCE), vendredi 5 février, afin de faciliter la reconstruction sociale et écologique après la pandémie de Covid-19. Tandis que l'endettement public a très fortement augmenté pour protéger les ménages et les entreprises, "les citoyens découvrent, pour certains avec effarement, que près de 25% de la dette publique européenne est aujourd'hui détenue par leur banque centrale", relèvent ces économistes dans une tribune destinée à neuf publications européennes, dont l'AFP a obtenu copie.

"Nous nous devons à nous-mêmes 25% de notre dette."

Collectif d'économistes

dans un appel

"Si nous remboursons cette somme", explique le texte, "nous devrons la trouver ailleurs, soit en réempruntant pour faire rouler la dette au lieu d'emprunter pour investir, soit en augmentant les impôts, soit en baissant les dépenses". Une cinquantaine de Français figurent parmi les signataires, dont Thomas Piketty (Ecole d'économie de Paris), Jézabel Couppey-Soubeyran (Sorbonne), Olivier Passet (Xerfi) ou encore Aurore Lalucq, qui est aussi députée européenne (alliance des socialistes et démocrates).

Annuler la dette ? "Pas une option" pour la BCE

Ils rappellent que "ces montants s'élèvent aujourd'hui, pour l'ensemble de l'Europe, à près de 2 500 milliards d'euros", dans leur appel à paraître notamment dans Le Monde, La Libre Belgique, El Pais (Espagne), Der Freitag (Allemagne) et l'Avvenire (Italie). Mais pour la BCE, annuler les dettes des Etats, qui se négocie actuellement à des taux très bas, voire négatifs, n'est "pas une option", car "les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie", avait déclaré en juin Fabio Panetta, membre italien de son directoire.

[Il s'agit d']offrir aux Etats européens les moyens de leur reconstruction écologique, mais aussi de réparer la casse sociale, économique et culturelle.

Collectif d'économistes

dans un appel

Les signataires, eux, imaginent déjà un échange. D'un côté, l'effacement des dettes publiques ou leur transformation en dettes perpétuelles sans intérêt. De l'autre, un engagement des Etats à "investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale". Les signataires affirment que "l'annulation n'est pas explicitement interdite par les traités européens" et que "l'histoire nous a maintes fois montré que les difficultés juridiques s'effacent devant les accords politiques".

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