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Guyane : "On est comme après une guerre, devant la reconstruction d'un pays", estime le Medef local

La Guyane a entamé mardi son deuxième jour de grève générale. Invité de franceinfo, le président du Medef local, Stéphane Lambert, a fait le point sur la situation "particulièrement grave" du département. 

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Radio France
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Des lycéens manifestent pour leur avenir à Kourou, en Guyane, le 25 mars 2017 (LAURENT MARIMOUTOU / MAXPPP)

"Il faut remettre les infrastructures au niveau" en Guyane, où "on est comme après une guerre, devant la reconstruction d'un pays", a déclaré, mardi 28 mars sur franceinfo Stéphane Lambert, président du Medef Guyane, présent aux côtés des manifestants à Cayenne. Il déplore une "dégradation continue" du pouvoir d'achat en Guyane et demande "des équipements dignes d'un département français".

franceinfo : Un patron dans une manifestation, c'est rare : la situation est-elle vraiment grave en Guyane ?

Stéphane Lambert : La situation est particulièrement grave, surtout en matière économique. Pour l'emploi les jeunes n'ont aujourd'hui vraiment pas de visibilité. Tout le reste de la société est dans une certaine déliquescence, entre l'insécurité physique et l'insécurité économique. Une entreprise phare de Guyane a encore été cambriolée cette nuit (dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 mars).

On parle beaucoup de l'insécurité, peut-on la mettre en relation avec la situation économique ?

Oui. On ne peut qu'être frustré quand son pouvoir d'achat n'augmente pas. Il était supérieur à la métropole à un moment, on est aujourd'hui à 50% en dessous du pouvoir d'achat de la métropole. Et la situation continue de se dégrader. Or la croissance démographique est très importante. J'ai 50 ans, à ma naissance il y avait huit fois moins d'habitants. Cela crée des difficultés, on n'a pas de quoi financer nos écoles, nos routes. On est en retard. Les conditions de développement économique n'existent pas aujourd'hui.

Que faudrait-il faire pour améliorer la situation économique et sociale des habitants de la Guyane ?

D'abord, il faut remettre les infrastructures à niveau, de façon à ce que l'on ait des équipements dignes d'un département français. Ensuite, il faut des mesures pour le monde économique. Par exemple, on n'est pas payé pour les travaux faits dans la sphère publique : 9 mois de délai de règlement contre 30 jours normalement.

Il faut surtout aller au-delà des mesures de court terme pour donner de l'oxygène. Il faut un plan de développement de la Guyane partagé par tous les Guyanais.

Stéphane Lambert, président du Medef Guyane

à franceinfo

On est comme après une guerre, devant la reconstruction d'un pays. La Guyane, joyau de la France en matière d'environnement et de ressources naturelles, doit finir par briller. Cela fait 60 ans qu'on le dit et ça n'avance pas. La manifestation se tient place de Grenoble, à un endroit où il avait été dit que la Guyane était un territoire trop longtemps oublié, et que ce temps était maintenant révolu, et c'était le général de Gaulle en mars 1964 qui l'avait dit ! On en est finalement toujours un peu là aujourd'hui.

Des membres du gouvernement sont espérés d'ici la fin de semaine : attendez-vous beaucoup de leur visite ?

Oui. Nous sommes très lucides sur le fait que le gouvernement va bientôt changer, mais nous en attendons beaucoup, pour négocier et mettre le territoire en ordre de marche pour son avenir.

"Il y a deux ans, nous étions déjà, nous, socio-professionnels, dans la rue" Stéphane Lambert, président du Medef Guyane à franceinfo.
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