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Contrefaçon : "C'est beaucoup moins dangereux sur le plan pénal" que la drogue pour les trafiquants

"Il ne s'agit pas uniquement d'un gadget, il s'agit d'une industrie mondiale ayant pour fonction de blanchir de l'argent", explique un chercheur.

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Radio France
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Une saisie de contrefaçons, en décembre 2011 au Havre (photo d'illustration). (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Les fabricants, soutenus par les douaniers, lancent lundi 15 juillet leur 20e campagne d'information pour alerter sur les contrefaçons. Ces copies ont coûté 6 milliards et demi d'euros à la France l'an dernier et 35 000 emplois. Après les États-Unis, la France est le pays le plus copié. Jean-Noël Kapferer, chercheur à l'INSEEC Business School, explique à franceinfo lundi qu'il "ne s'agit pas uniquement d'un gadget, il s'agit d'une industrie mondiale ayant pour fonction de blanchir de l'argent". "C'est beaucoup moins dangereux sur le plan pénal" que la drogue pour les trafiquants.

L'impression d'une "très bonne affaire"

Dans six cas sur dix, celui qui achète le produit sait que c'est un faux. Une des choses qui attirent est la "très bonne affaire. La contrefaçon, tant qu'on ne connaît pas l'arrière-boutique, où c'est fabriqué, dans quel circuit malsain et où va l'argent, on a l'impression qu'on est dans un monde de bisounours où on a enfin une très bonne affaire". Le chercheur ajoute que les acheteurs "oublient quelle est la fonction de la marque. La fonction innovante, qualité, normes. Tout ce qui enchérit le prix, ce sont les normes auxquelles les marques sont soumises".

Les contrefaçons n'obéissent à aucune norme sauf celle de trouver des pigeons et d'alimenter des circuits très malsains.

Jean-Noël Kapferer, chercheur à l'INSEEC Business School

à franceinfo

La campagne est lancée en plein été, pendant les vacances. Un moment où la population peut être moins soucieuse de ces problèmes et où elle est souvent confrontée à la contrefaçon.

Un risque "individuel et social"

Selon Jean-Noël Kapferer, "cette campagne sur les bords des plages et sur internet touche là où il faut et a pour fonction de révéler le risque. Il y a des médicaments de contrefaçon, des jouets pour enfants qui sont bourrés d'allergènes. Il est important de rappeler qu'au-delà du coup économique collectif, il y a un risque individuel et social. Les risques individuels, c'est votre argent, ça vous met en danger et ça finance probablement des circuits malsains. Terroristes et surtout mafieux qui sont passés de la drogue à la contrefaçon. C'est beaucoup moins dangereux sur le plan pénal".

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