Blocage du Mercosur : "Il faut voir si Emmanuel Macron va tenir réellement son engagement", estime l'association Attac

La porte-parole d'Attac a réagi sur franceinfo aux propos d'Emmanuel Macron sur le traité UE-Mercosur. Le chef de l'État est prêt à s'y opposer après avoir accusé le président brésilien d'avoir menti sur le climat. 

Emmanuel Macron le 23 août 2019. 
Emmanuel Macron le 23 août 2019.  (MICHEL SPINGLER / POOL / AP POOL)

Alors que le chef de l'État s'oppose à l'accord UE-Mercosur et accuse le président brésilien d'avoir "menti" sur le climat, l'association Attac, pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne, reste prudente. "Il faut voir si Emmanuel Macron va tenir réellement son engagement au-delà des discours", a réagi vendredi 23 août sur franceinfo Aurélie Trouvé, sa porte-parole. 

Jair Bolsonaro est un "climato-sceptique"

Emmanuel Macron "fait semblant de découvrir aujourd'hui que Bolsonaro ne tient pas ses engagements environnementaux, alors que l'on sait que c'est un climato-sceptique", souligne Aurélie Trouvé.

Elle rappelle que "jusqu'à maintenant", le chef de l'État "appuyait cet accord du Mercosur",  un traité commercial controversé entre l'Union européenne et plusieurs pays d'Amérique latine. Elle se dit donc "ravie" que le président français s'oppose à l'accord et qu'il aille "dans le sens" de l'association.

J'espère qu'on va passer des discours aux actes et ne pas signer cet accord qui est vraiment climaticideAurélie Trouvéà franceinfo

La porte-parole d'Attac dénonce le contenu de l'accord de libre-échange. "Cela va favoriser les exportations brésiliennes de cultures de soja ou d'élevages bovins, donc la destruction de la forêt amazonienne et du Cerrado". Ces exportations vont défavoriser notre agriculture familiale selon Aurélie Trouvé et instaurer "une concurrence déloyale avec notre agriculture paysanne en Europe".

L'accord UE-Mercosur va également "favoriser les investissements de nos propres multinationales au Brésil, poursuit-elle, notamment pour l'extraction minière, qui va encore une fois favoriser la destruction de la forêt amazonienne".