Disneyland Paris accusé de faire payer plus cher les visiteurs étrangers

La Commission européenne cherche à déterminer si le parc d'attractions français module ses prix en fonction du pays de résidence de ses clients. Une pratique qui va à l'encontre des règles de l'UE.

Dans le parc Disneyland Paris, en septembre 2007.
Dans le parc Disneyland Paris, en septembre 2007. (DAMIEN MEYER / AFP)

Disneyland Paris fait-il payer plus cher les visiteurs étrangers ? La Commission européenne a annoncé, mardi 28 juillet, qu'elle cherchait à déterminer si le parc d'attractions modulait ses prix en fonction du pays de résidence des clients. Une pratique qui irait à l'encontre des règles de l'UE.

Tarif presque doublé pour un Allemand par rapport à un Français

"Nous examinons actuellement un certain nombre de plaintes, dont un grand nombre portées contre Disneyland Paris", a déclaré une porte-parole de la Commission. Le quotidien britannique Financial Times (en anglais) a précisé que le plus grand parc d'attractions d'Europe était accusé d'avoir surfacturé les visiteurs allemands et britanniques. Selon le journal, un visiteur français débourse 1 346 euros pour un pack premium, tandis qu'un Anglais est facturé 1 870 euros et un Allemand 2 447 euros.

"La Commission et les associations européennes de consommateurs reçoivent fréquemment des plaintes de consommateurs impliquant des différences de prix injustifiées, basées sur leur nationalité ou sur leur lieu de résidence, des différences interdites par les directives européennes, a indiqué la porte-parole. Il arrive trop souvent que des consommateurs cherchant à acheter des biens ou des services dans un autre pays que le leur soient empêchés d'obtenir le meilleur prix."

L'Etat français doit s'assurer que Disneyland Paris respecte bien les lois européennes sur les pratiques commerciales, a précisé une source à l'UE, ajoutant que Bruxelles devrait bientôt contacter la France à propos de ce dossier. Les consommateurs peuvent être discriminés de différentes façons, avec des sites spécifiques selon les pays, avec des tarifications différentes, ou des entreprises refusant même de livrer dans certains pays.

L'UE en guerre contre les barrières commerciales

Depuis l'entrée en fonction, en novembre, de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, le bras exécutif de l'UE s'est lancé dans une croisade contre les barrières commerciales nationales qui pèsent sur les consommateurs, plus particulièrement dans le commerce en ligne. Les firmes américaines comme Amazon, Google et Apple ont été les premières à faire les frais de cette campagne, avec l'ouverture de plusieurs enquêtes.

La semaine dernière, la Commission a également accusé la chaîne britannique Sky TV et six grands studios de Hollywood, dont Disney, d'avoir enfreint les réglementations antimonopole en bloquant l'accès aux contenus pour les abonnés à la télévision payante en dehors de leur pays d'origine.