Chute du tourisme à Paris et en Ile-de-France : "le point noir", ce sont les touristes étrangers

La fréquentation touristique a fortement chuté à Paris et Ile de France en 2016. Une baisse inquétante car elle concerne les visiteurs étrangers qui "font vivre la filière", a réagi mardi Frédéric Valletoux, du comité régional du tourisme Paris-Ile-de-France.

Des touriste font des selfies devant la tour Eiffel, à Paris, en octobre 2016.
Des touriste font des selfies devant la tour Eiffel, à Paris, en octobre 2016. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Paris et l'Ile-de-France ont accueilli 1,5 million de touristes en moins en 2016, soit moins de 31 millions de personnes au total, selon un bilan du Comité régional du tourisme publié mardi 21 février.

Sur l'ensemble de l'année, la fréquentation touristique a baissé de 8,8% pour les visiteurs étrangers. "C'est le point noir de cette année, a expliqué mardi, sur franceinfo, Frédéric Valletoux, président du comité régional du tourisme Paris-Ile-de-France. "La fréquentation des touristes étrangers est l'indicateur qu'il faut suivre parce que ce sont eux qui font vivre essentiellement la filière sur le plan économique." 

En Ile-de-France, la filière touristique représente 500 000 emplois, c'est 10% du PIB de la région, "donc c'est un sujet d'inquiétude", a-t-il ajouté Frédéric Valletoux.

franceinfo : En 2016, la fréquentation touristique à baissé, mais les chiffres de sont un peu meilleurs à la fin de l'année. A quoi est-ce dû ?

Frédéric Valletoux : C'est peut-être dû à une image qui change et à la mobilisation des pouvoirs publics. En septembre, Valérie Pécresse a annoncé un plan d'urgence. L'État, la région et la ville de Paris se sont mobilisés à partir de septembre. Ce sont des campagnes de communication, des étudiants qui ont été engagés pendant Noël et qui ont donné une image un peu différente en terme d'accueil.

La baisse de la fréquentation concerne surtout les visiteurs étrangers...

C'est le point noir cette année et un sujet d'inquiétude. La fréquentation des touristes étrangers est l'indicateur qu'il faut suivre parce que ce sont eux qui font vivre essentiellement la filière sur le plan économique.

Quels sont les pays qui viennent moins ?

La clientèle asiatique est aujourd'hui celle qui se détourne le plus de Paris et de la région. En cause : la peur des attentats, mais aussi l'état d'urgence qui, vu de loin, est assimilé à l'état de guerre, ce qui n'est pas la réalité de Paris. Le rapport à la sécurité des asiatiques est particulier. Cela doit nous renvoyer à la réalité : il y a les attentats qui ont joué contre nous, mais il y a aussi des fragilités que l'on connaît comme la qualité de l'accueil ou la propreté de la ville.