"Challenges" s'étonne de la clause de non-concurrence de 4,5 millions attribuée à l'ex-patron d'Alcatel-Lucent

Le journal économique explique pourquoi celle-ci, attribuée en juillet, ne se justifiait pas puisque SFR-Numericable n'est concurrent d'Alcatel-Lucent sur aucun segment.

Michel Combes (à droite), alors président d\'Alcatel-Lucent, avant son audition par des députés sur la fusion de l\'entreprise avec Nokia le 16 juin 2015. 
Michel Combes (à droite), alors président d'Alcatel-Lucent, avant son audition par des députés sur la fusion de l'entreprise avec Nokia le 16 juin 2015.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les 14,5 millions d'euros de prime de l'ex-patron d'Alcatel-Lucent, Michel Combes, n'ont pas fini de faire couler de l'encre. Challenges ajoute son grain de sel, mercredi 2 septembre, en s'interrogeant sur les raisons d'un curieux démenti de Michel Combes.

L'hebdomadaire économique rappelle avoir annoncé, dès le 11 juin : "Le patron d’Alcatel-Lucent rejoint Patrick Drahi à Genève (...) La prise de fonction doit se faire début septembre."

Or, poursuit le journal, "moins d’une semaine plus tard, venu s’expliquer en compagnie du  patron de Nokia sur le rapprochement entre les deux groupes le 16 juin devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Michel Combes avait démenti cette information."

"Reconnaître l’information aurait rendu inutile la clause de non-concurrence"

Il avait en effet déclaré à ce moment-là, selon l'AFP : "Il n'y a pas de décision de prise concernant la date, elle sera rendue publique lorsque les bonnes conditions de management du groupe seront réunies pour mener à son terme l'opération de fusion." Il avait ajouté : "l'information parue dans la presse n'est pas exacte".

Pour quelles raisons a-t-il effectué ce démenti ? Selon Challenges, à cause de la clause de non-concurrence. Celle-ci, payable en action de trois ans et donc égale à un montant d'environ 4,5 millions d'euros, n'a été attribuée que le 29 juillet à Michel Combes par le comité des rémunérations du groupe. Ce qui n'était pas nécessaire, selon Challenges, puisqu'Alcatel-Lucent et SFR-Numericable ne sont concurrents "sur aucun segment".  "Reconnaître l’information aurait rendu inutile l'accord de non-concurrence validé par le conseil d’Alcatel-Lucent", conclut le journalMichel Combes est devenu, mardi 2 septembre, président de Numericable-SFR. Il rejoint Altice, la maison-mère de l'opérateur, pour diriger les opérations mondiales du groupe