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Chahuté à Bayonne, Nicolas Sarkozy a dénoncé une "épuration" lancée par le candidat socialiste

Nicolas Sarkozy a été chahuté par des manifestants socialistes et indépendantistes basques jeudi 1er mars à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). En réaction, le président-sortant a dénoncé une "épuration" lancée par François Hollande. Explication.
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Nicolas Sarkozy à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) (AFP)

Nicolas Sarkozy a été chahuté par des manifestants socialistes et indépendantistes basques jeudi 1er mars à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). En réaction, le président-sortant a dénoncé une "épuration" lancée par François Hollande. Explication.

Chahuté lors de son déplacement à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) jeudi, Nicolas Sarkozy a dénoncé une "épuration" lancée par le candidat socialiste, dans un bar du centre-ville devant lequel s'étaient massées plusieurs centaines d'opposants qui l'ont hué et insulté. De quelle "épuration" parle le candidat de l'UMP ?

"Hollande a annoncé l'épuration, forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Le terme est fort. Sans faire allusion directement à Bayonne, François Hollande a estimé qu'il ne fallait "jamais céder (...) à la violence verbale et encore moins à la violence physique", mais a défendu le droit "de manifester autant que nécessaire".

En fin d'après-midi, le candidat du l'UMP a estimé que François Hollande se "grandirait" en condamnant "ces méthodes" à son arrivée au Conseil européen de Bruxelles. "J'aurai l'occasion de stigmatiser le comportement de voyous qui sont la honte la République", a-t-il dit.

Rapport à la Libération

L'utilisation du terme "épuration" est à mettre en parallèle avec une déclaration de François Hollande.

Le 19 février, il avait accusé l'ancien maire de Neuilly d'avoir mis en place "un Etat UMP, "un système" dans la police et la justice, avertissant que les hauts fonctionnaires qui "sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres" s'il était élu à l'Elysée.

En réponse, l'UMP avait dénoncé une "chasse aux sorcières" dans la haute fonction publique. Une manière pour le parti de se poser en victime face au raz-de-marée que représenterait une victoire du PS après avoir passé quinze ans dans l'opposition.

Jeudi matin, sur France Inter, le président-candidat a de nouveau évoqué les changements qui pèsent sur les hauts-fonctionnaires en cas de victoire de François Hollande à l'élection présidentielle.

"J'ai été un peu étonné d'entendre le candidat socialiste dire que tous les magistrats, tous les préfets, tous les ambassadeurs qui, d'une manière ou d'une autre, n'avaient pas les idées de la gauche seraient changés", a-t-il déclaré.

L'épuration que dénonce Nicolas Sarkozy est donc celle qui menace le haut de l'Etat.

Point Godwin

Pour autant selon Wikipédia, "l'épuration est une opération qui consiste à éliminer les impuretés d'un produit ou d'une substance quelconque afin de la rendre propre à certains usages".

En outre, l'épuration à la Libération en France a visé les personnes ayant collaboré avec les autorités d'occupation nazies. Le journaliste Robert Brasillach a ainsi été fusillé à la Libération pour avoir collaboré avec l'occupant. Une figure qui été évoquée la semaine dernière, après que Jean-Marie Le Pen a cité l'un de ses poèmes lors du meeting de sa fille à Lille.

Mais une autre épuration politique et antisémite a été menée entre 1940 et 1944 par le régime de Vichy. On peut donc s'interroger : de quelle "épuration" parle Nicolas Sarkozy ?

Quoi qu'il en soit, le (moment où, dans une discussion sur Internet, la référence à Hitler ou aux nazis est évoquée) a été atteint comme le remarque le journaliste de l'Express, , sur Twitter.

C'est la première fois que Nicolas Sarkozy est chahuté depuis la déclaration officielle de sa candidature le 15 février. Toutefois, il a eu quelques déplacements mouvementés depuis 2007.

En fin de journée, le député-maire de Bayonne, Jean Grenet (UMP/radical), a affirmé qu'il avait "personnellement déconseillé" à M. Sarkozy de se rendre dans "le petit Bayonne", considéré comme un bastion des nationalistes basques.

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