Moscovici réclame des économies "structurelles" à la France

Paris a annoncé mercredi un effort supplémentaire d'économies de 4 milliards d'euros en 2015, mais le commissaire européen veut étudier de près la nature de ces économies.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, s\'exprime en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington (Etats-Unis), le 16 avril 2015.
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, s'exprime en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington (Etats-Unis), le 16 avril 2015. (NICHOLAS KAMM / AFP)

Bruxelles scrute toujours Paris. Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici veut s'assurer que les économies que vient de promettre la France pour 2015 sont bien "structurelles", annonce-t-il à l'AFP, jeudi 16 avril. "La discussion que nous aurons avec le gouvernement français" se fera sur la nature de ces économies, précise l'ancien ministre.

Un effort de 4 milliards d'euros

Paris a annoncé mercredi un effort supplémentaire d'économies de 4 milliards d'euros en 2015, destiné à compenser l'impact adverse d'une faible inflation sur les mesures de réduction des déficits déjà engagées. "Il n'y a plus d'écart sur le montant ou sur la volonté de faire", estime le commissaire européen.

Sauf qu'au-delà du montant, l'Union européenne veut des mesures durables, et non des manoeuvres comptables ponctuelles, ce qui promet un débat très technique. Le ministère des Finances, Michel Sapin, entend trouver ces 4 milliards à la fois via des restrictions de dépenses, grâce à des gains inespérés en matière de taux d'intérêt comme de dividendes, et dans la régularisation de dossiers de fraudeurs du fisc repentis.

Le "dialogue" plutôt "qu'une approche punitive"

Les relations entre Bruxelles et Paris se sont détendues depuis l'automne dernier, et la question des sanctions contre le pays, pourtant déficitaire récidiviste, ne se pose plus. "Un dialogue serré est toujours plus pertinent qu'une approche punitive", a juge Pierre Moscovici, ancien locataire de Bercy.