L'Assemblée nationale dépasse ses prévisions de budget et va puiser dans ses réserves

En 2019, l'Assemblée devra puiser dans ses réserves près de 47 millions d’euros, sur un total de 318 millions, selon un document confidentiel du Parlement que "Le Parisien-Aujourd'hui en France" a consulté.

L\'Assemblée nationale, à Paris, le 31 juillet 2018. 
L'Assemblée nationale, à Paris, le 31 juillet 2018.  (GERARD JULIEN / AFP)

Le train de vie de l'Assemblée nationale plus élevé que prévu. Le Palais-Bourbon devra puiser dans ses réserves près de 47 millions d'euros en 2019, contre 28,4 millions prévus à la fin de l'année 2017, sur un total de 318 millions d'euros de budget. C'est le quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France qui l'a révélé, jeudi 27 septembre, après avoir consulté un document confidentiel du Parlement. 

Le Premier questeur de l'Assemblée, Florian Bachelier, justifie auprès du journal ce choix de puiser dans les réserves : "Nous avions le choix entre une baisse drastique des dépenses d'investissement, ce qui aurait porté préjudice au travail des députés et des fonctionnaires de l'Assemblée, une hausse de la contribution de l'Etat qui s'élève déjà à plus d'un demi-milliard d'euros et un prélèvement sur nos réserves. Nous avons privilégié cette dernière option afin de ne pas mettre les citoyens à contribution. L'Assemblée nationale doit montrer l'exemple."

Les frais postaux et de taxi explosent

Pourquoi tant de dépenses ? La réforme du système de retraites des députés pèse lourd dans la balance. "Explication : le régime privilégié des députés a bien été aligné sur celui des salariés. Mais cette réforme s'applique en deux temps. La baisse des pensions (soit les dépenses) prévue dans la réforme ne touchera que les futurs retraités. En revanche, la réduction de l'assiette des cotisations (soit les recettes) est d'ores et déjà entrée en vigueur", détaille Le Parisien. Ce rapport pointe également la hausse des frais de secrétariat, les charges de représentation des commissions des Affaires étrangères, des Finances et de la Défense, ou encore l'acquisition de l'hôtel de Broglie, pour 63 millions d'euros.

Les frais de comptabilité, les frais postaux ou de taxi, le téléphone, l'équipement numérique des députés et de leurs collaborateurs, des tablettes aux ordinateurs et à la connexion en Wi-Fi, explosent aussi. Elles augmenteraient de près de 160% entre le budget initial 2018 et celui prévu pour 2019, selon Le Parisien. "J'assume totalement cette priorité. Ce sont, pour la plupart d'entre elles, des dépenses d'investissement nécessaires à la modernisation de l'Assemblée (...). Elles se substituent à des frais de papier ou de photocopies", estime Florian Bachelier.