Les Bourses plongent en raison du "risque d'un confinement relativement généralisé" et d'un "ensemble de petits signaux" peu favorables

Mais "on n'en est pas encore sur un krach" boursier, estime le président des Cahiers verts de l'économie Jean-Pierre Petit.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La façade de la Bourse de Paris le 18 mais 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Les Bourses de Paris, d'Europe et des Etats-Unis ont plongé à leur clôture lundi soir. Le risque d'un confinement "relativement généralisé" provoque cette fragilité des marchés financiers, a expliqué le président des Cahiers verts de l'économie Jean-Pierre Petit mardi 22 septembre sur franceinfo, mais, selon lui, "on n'en est pas encore sur un krach" boursier.

franceinfo : Qu'est-ce qui inquiète les investisseurs ?

Jean-Pierre Petit : C'est le risque d'un confinement relativement généralisé. Pour l'instant, on en est très, très loin. Pour l'instant, il y a une dégradation du nombre de contaminations en Europe de l'Ouest, principalement en Espagne et en France. Les mesures très partielles qui ont été prises de limitation de la circulation dans la région de Madrid, des petites mesures aussi de limitation des rassemblements privés, font anticiper à certains effectivement l'idée que si la situation ne s'améliore pas, ne se calme pas, il y aura des mesures plus générales qui impacteront, comme ce fut le cas à partir du mois de mars, l'ensemble de l'économie.

Mais puisqu'un reconfinement n'est pas encore envisagé, qu'est-ce qui a déclenché ce mouvement de panique ?

Les nouvelles, indépendamment de la contamination et du Covid-19, se dégradent un petit peu de manière plus générale. Déjà, il y a eu une correction sur le Nasdaq sur les valeurs technologiques depuis environ trois semaines, et puis l'environnement d'ensemble inquiète également les investisseurs mondiaux. On a des craintes sur le risque de contestation du résultat de l'élection américaine le 3 novembre prochain. Il y a des risques géopolitiques également qui se dégradent un peu. On pense en particulier au Brexit. On voit également - c'est très important pour les investisseurs internationaux - qu'il n'y a pas d'accord au Congrès américain pour renouveler l'aide exceptionnelle aux chômeurs. On voit également - ce qui est aussi très important pour les investisseurs en actions - que les principales Banques centrales n'ont pas déclenché de nouvelles mesures de politique monétaire immédiate de nature à insuffler un peu plus de liquidité.

Les investisseurs croient-ils à la possibilité d'un vaccin ou d'un traitement ?

Oui, dans l'ensemble, sinon ils n'auraient pas bondi aussi fortement depuis la fin du mois de mars. Mais il y a un ensemble de petits signaux qui ne sont pas très favorables dernièrement. Ils savent bien que le niveau des décès, des hospitalisations, des réanimations sont beaucoup plus bas qu'au mois de mars et qu'au mois d'avril, mais la Bourse réagit toujours un petit peu en anticipation et là, on voit que le flux de nouvelles sur la pandémie se dégrade, notamment en Europe de l'Ouest, et ça s'ajoute à un certain nombre d'éléments relativement négatifs. Les marchés n'aiment pas devoir gérer plusieurs problèmes en même temps. N'oublions pas qu'entre février et mars, le marché avait été trop complaisant. L'épidémie se déclenchant en République populaire de Chine, dans un premier temps, les marchés internationaux n'avaient pas réagi suffisamment vite, ils avaient été complaisants. Entre janvier et février, le marché avait continué de progresser malgré les signaux d'alerte. Et là, il se souvient probablement de cette erreur et donc, dès qu'il voit que les choses se dégradent un peu, il réagit négativement. On n'en est pas encore sur un krach. Il faudrait vraiment que l'ensemble de l'environnement se dégrade sensiblement.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.