Bourse : la chute des places boursières n'est "qu'une correction"

Pour l'économiste, Eric Delannoy, interrogé mardi sur franceinfo, "les fondamentaux économiques mondiaux sont plutôt bons à ce stade".

La bourse de Pékin (Chine), le 6 février 2018.
La bourse de Pékin (Chine), le 6 février 2018. (AFP)

Après la chute brutale des marchés, les places boursières vont rebondir. C'est du moins l'avis d'Eric Delannoy, économiste et président du cabinet Tenzing . Il a affirmé mardi 6 février sur franceinfo que ce n'était "qu'une correction parce que les fondamentaux économiques mondiaux sont plutôt bons à ce stade". Les marchés européens sont en recul mardi après la chute spectaculaire de Wall Street lundi soir. Les places financières asiatiques ont aussi été touchées.

franceinfo : Est-ce que d'après vous la chute est enrayée ?

Eric Delannoy : Enrayée peut-être pas, parce qu'il y a un mouvement mondial qui a une certaine inertie. Il faut rappeler que beaucoup des ordres transmis à la bourse sont des ordres automatiques. Lorsqu'il y a un déclenchement de panique c'est malheureusement une espèce de prolificité qui fait que partout ailleurs ça se déclenche.

La réaction en chaîne des places boursières ne vous a pas semblé plus inquiétante que ça si ce n'est par l'aspect mécanique et automatique des choses ?

D'une part elle est quasiment mécanique et d'autre part il faut bien avoir en tête qu'on était sur des hausses substantielles et très continues depuis quelques mois, voire plusieurs années pour certaines bourses. Ainsi, il faut rappeler qu'au Japon, on est sur une tendance à la hausse qui n'a jamais été aussi élevée depuis 21 ans. Toutes les bourses se portent très bien, sur des fondamentaux économiques qui sont bons au niveau mondial, mais qui ne justifient pas de tels sommets. Mécaniquement, tout le monde s'attendait qu'à un moment ou à un autre on puisse avoir une correction qui s'opère.

On n'est même pas face à un accident passager. Est-ce une simple de normalisation ?

Il y a une forme de normalisation qui a été induite par une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a des tensions ascensionnistes qui sont en train de voir le jour aux Etats-Unis. On est dans une situation de plein emploi. On voit dans les derniers chiffres qui sont parus qu'il y a des tensions salariales importantes et l'inflation fait peur à tous les analystes. Ils n'en n'ont pas l'habitude. Aujourd'hui, la plupart des traders, qui sont aux manettes, n'ont pas eu l'habitude des situations inflationnistes. Quelque part, ils ne savent pas comment réagir. Or l'inflation, tout le monde sait que c'est un vrai problème, surtout dans une situation d'endettement très élevée. Cela peut renchérir le coût du crédit et générer des mouvements de panique par incertitude. On peut se dire qu'aujourd'hui il y a une surréaction quasiment mécanique sur des événements qui sont très localisés.

Est-ce que la crainte des traders peut faire courir le risque d'un véritable effondrement boursier ?

Je pense que la crainte des traders va vite être reprise par le fait que les fondamentaux économiques sont bons. Il va y avoir des prises de bénéfices. Quand il y a une baisse très forte des marchés, il y a des retours à la hausse parce qu'il va y avoir des mouvements de réinvestissement. Dans cette espèce de balancier qui génère de la spéculation, il y a un effet de correction. Il y a une prise de bénéfices où des acteurs économiques vont se rendre compte que cette chute a été trop importante.