L'Etat veut pousser Ford à investir "plusieurs millions" pour garantir la reconversion de l'usine de Blanquefort

Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, estime que la France est en capacité d'"utiliser des leviers juridiques" face au constructeur automobile américain.

L\'entrée de l\'usine Ford à Blanquefort (Gironde), le 26 février 2019, taguée après une manifestation contre la fermeture du site.
L'entrée de l'usine Ford à Blanquefort (Gironde), le 26 février 2019, taguée après une manifestation contre la fermeture du site. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

La secrétaire d'Etat à l'Economie l'assure : le gouvernement français est en mesure de peser sur le constructeur automobile américain Ford pour garantir la reconversion de son usine de Blanquefort (Gironde). "Nous sommes en capacité et en discussion avec Ford. On peut utiliser des leviers juridiques, on peut utiliser leur levier réputationnel, parce que, malgré tout, ils ne sont pas très à l'aise avec cette histoire. Et donc oui on est en capacité de les pousser à mettre plusieurs millions [d'euros], peut-être même plusieurs dizaines pour accompagner la reconversion du site", a déclaré Agnès Pannier-Runacher sur Europe 1, samedi 2 mars.

Les propos d'Agnès Pannier-Runacher interviennent au lendemain d'une intervention d'Emmanuel Macron, qui avait assuré vendredi à Bordeaux que l'Etat allait "forcer" Ford à payer pour la revitalisation du site. Implantée depuis 1972, l'usine de Ford à Blanquefort, près de Bordeaux en Gironde, emploie 850 personnes. Sa fermeture apparaît inéluctable après le récent refus par le constructeur automobile de la dernière offre du seul repreneur en lice, le Strasbourgeois Punch Powerglide.

"Nous sommes en train de regarder les possibilités de reconversion, c'est ça qui compte aujourd'hui sur l'usine, et d'éventuelles dernières lignes avec Ford et Punch, a poursuivi Agnès Pannier-Runacher. Tant qu'il y a une possibilité de lumière au bout du tunnel, on se battra et on a encore la possibilité de tenir quelques jours", a-t-elle ajouté, expliquant que l'enjeu était de sauver "un maximum" d'emplois.