Hausse des ventes de voitures neuves grâce à la prime à la conversion : l'effet d'une "seringue dans le Tour de France"

"Ça permet d'accélérer les ventes" mais après, ça "fausse le marché", explique François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles qui appelle toutefois à un "maintien" des primes.

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Radio France
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Petite une hausse des immatriculations de voitures neuves de 1,24% sur un an en juin 2020 (photo d'illustration). (THIERRY BORDAS / MAXPPP)

Après plusieurs mois de baisse dus à la crise sanitaire du coronavirus, le marché automobile français a progressé au mois de juin, avec une hausse des immatriculations de voitures neuves de 1,24% sur un an. "Il y a eu d’abord un effet normal de la fin du confinement et un boost de la prime à la conversion", a expliqué sur franceinfo mercredi 1er juillet François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles. Il a indiqué par ailleurs que "les bonus renforcés sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables fonctionnent bien", en appelant à un "maintien" de ces primes. "Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette prime, c'est un peu une seringue dans le Tour de France".

franceinfo : Les ventes de voitures neuves se sont écroulées durant le confinement : moins 72% en mars par rapport à l'an dernier, moins 89% en avril et encore moins 50% en mai. Y a-t-il eu un vrai redémarrage en juin ?

François Roudier : Oui, on a eu une reprise. On l’attendait, et on l'a vue finalement assez rapidement. Il y a eu d’abord un effet normal de la fin du confinement. Comme les enfants confinés qui sont sortis à toute allure, et bien les gens qui avaient commandé une voiture sont vite aller la prendre dans les concessions. Il y a aussi eu le boost de la prime à la conversion. On a dû en écouler à peu près un gros tiers, voire 50%. C'était important car ça permettait d'écouler les stocks qui s'étaient accumulés depuis le confinement et qu’on estime à 400 000 voitures dans les concessions. Quand le confinement est arrivé, on allait lancer toutes nos grandes opérations commerciales du printemps et du début de l'été, et tout s'est arrêté. Les bonus renforcés sur les véhicules électriques et les véhicules hybrides rechargeables fonctionnent bien et on devrait avoir une progression très significative de ces nouveaux modes de motorisation que nous lançons surtout cette année.

Ce redémarrage en juin, c’est une hausse de 1,24%. Cette petite hausse cache-t-elle un net rebond par rapport au mois précédent ?

Oui, il faut être juste, c'est une petite hausse. Il y a deux jours en plus ce mois-ci par rapport au mois de juin 2019, donc on est quand même dans un bon mois de juin et le mois de juillet devrait être dans cette suite. On a ce handicap de deux mois et demi de confinement. Lorsqu'on est sur le marché depuis six mois, on est à près de moins 39% et nous sommes sur une prévision très floue, entre moins 20 et moins 30%. Toutes les études montrent que les Français veulent partir en en voiture en vacances ou en camping-car, mais c'est l'après qui est plus problématique, cette quatrième phase de l'année qu'on appelle nous la relance, celle de septembre. Est-ce que le moral des ménages sera là ? Est-ce que le moral des entreprises aussi sera là ? Ce n'est pas évident et c'est très important dans l'automobile, qui est le premier ou le deuxième achat d'un ménage.

Pour cet après justement, faut-il faire perdurer ces aides comme la prime à la conversion ?

Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette prime, c'est un peu une seringue dans le Tour de France. Ça permet d'accélérer les ventes, donc c'est très bien lorsque vous avez des stocks, après ça va se mettre à fausser le marché. En 2009 par exemple, on avait eu une vente par anticipation de beaucoup de véhicules et une année 2012-2013 très mauvaise. Ce que l'on veut surtout, c'est ce maintien à très haut niveau des primes sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables qu'on a réussi à avoir cette année, en particulier pour les entreprises.

Cela va permettre à nos véhicules, qui sont un petit peu plus chers que les véhicules thermiques, d'arriver sur le marché de l'occasion et d'être à des prix abordables pour les particuliers. 

François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles

à franceinfo

Si on veut développer ces nouvelles énergies en France, il faut absolument les soutenir. Pour la prime à la conversion, je pense que c'est à l'État de voir, mais cette prime au départ qui existait avant le Covid-19, qui permettait aux ménages modestes de s'équiper de voitures plus récentes, devrait subsister.

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