Fusion PSA-Fiat : "La rentabilité va se faire sur le dos des salariés", estime un délégué CGT chez PSA

Les actionnaires de Peugeot-Citroën ont approuvé lundi la fusion du groupe français avec Fiat-Chrysler. Jean-Pierre Mercier prédit "des attaques brutales en termes de suppressions d'emplois contre l'ensemble des salariés".

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Un employé de PSA dans une usine de Mulhouse (Haut-Rhin), en 2017. Photo d'illustration. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"On est convaincus que la rentabilité, l'objectif de nos actionnaires, va se faire sur le dos des salariés en termes d'attaques sur l'emploi, d'attaques sur le pouvoir d'achat, mais aussi d'attaques sur nos droits collectifs", a réagi lundi 4 janvier sur franceinfo Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT chez PSA à Poissy, alors que les actionnaires de Peugeot-Citroën (PSA) ont approuvé lundi la fusion du groupe français avec Fiat-Chrysler (FCA) pour former Stellantis, le 4e groupe automobile mondial.

Jean-Pierre Mercier est persuadé que la fusion "sera associée à une politique de réduction des coûts". Le syndicaliste prend pour exemple "le rachat d'Opel-Vauxhall" par Carlos Tavares, le PDG de PSA, où les salariés, "nos camarades d'Allemagne, de Pologne, d'Angleterre, ont payé un très lourd tribut en termes d'emplois". Le "seul point positif que l'on voit à cette fusion, souligne Jean-Pierre Mercier, est cette force incroyable de 400 000 salariés qui représentent une force bien plus puissante qu'avant", une force qui devra "se mobiliser pour défendre ses intérêts".

Une "guerre ouverte" entre les constructeurs

Le mariage entre PSA et Fiat doit permettre de faire cinq milliards d'euros d'économies par an. "C'est colossal", pointe Jean-Pierre Mercier. "Ce sont des économies d'échelle sur l'achat aux fournisseurs ou sous-traitants", affirme le délégué syndical CGT. Mais il dénonce la "guerre ouverte" entre les constructeurs. Il évoque des propos de Carlos Tavares disant selon lui "qu'il faut aller manger dans la gamelle des autres". PSA et Fiat "ont fait le constat" qu'ils doivent s'unir "pour défendre les intérêts de leurs actionnaires", poursuit Jean-Pierre Mercier. Le responsable syndical se dit convaincu qu'il y aura "des attaques brutales en termes de suppressions d'emplois contre l'ensemble des salariés".

"Il faut que ces salariés, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Europe, en France, en Italie, aient conscience, par-delà des frontières, qu'il va falloir qu'on s'unisse pour défendre nos intérêts communs".

Jean-Pierre Mercier

à franceinfo

Carlos Tavares a assuré qu'il n'y aurait aucune fermeture d'usines dans le cadre de ce mariage. Mais cette affirmation ne rassure pas Jean-Pierre Mercier. "C'est exactement la même promesse qu'il avait fait quand il a racheté le groupe Opel Vauxhall. Les patrons aujourd'hui savent très bien supprimer des emplois sans fermer d'usines." Il estime notamment que "dans le contexte actuel de crise sanitaire et de Brexit, nos patrons ont des très bons prétextes pour transgresser cette petite promesse qu'ils font de ne pas fermer des usines". Selon le délégué syndical CGT, "personne n'est à l'abri, personne ne doit se sentir protégé".

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