Pas plus de 30 euros de carburant par jour et par véhicule : des restrictions dans les stations-service du Finistère

Les dépôts de Brest et Lorient sont bloqués et des stations-service sont en rupture totale ou partielle dans le Morbihan et dans le Finistère. Dans ce département, le préfet limite la vente de carburant à 30 euros pour les véhicules légers et 200 euros pour les poids lourds

Dépôt de pétrole de Lorient. (illustration)
Dépôt de pétrole de Lorient. (illustration) (FRED TANNEAU / AFP)

La préfecture du Finistère a mis en place, à compter du lundi 3 décembre, des restrictions sur l'achat de carburant, en raison du blocage depuis une semaine des dépôts pétroliers de Brest et de Lorient, rapporte France Bleu Breizh Izel. Des blocages initiés par des indépendants du secteur du BTP, qui dénoncent la fin du gazole non routier (GNR) détaxé le 1er janvier prochain, rejoints à Lorient par des "gilets jaunes".

"Le montant maximal de carburant vendu par jour et par véhicule est limité à 30 euros pour les véhicules légers de moins de 3,5 tonnes et 200 euros pour les poids lourds", précise la préfecture du Finistère dans un communiqué. La vente par les stations-service de carburant "destiné aux navires et autres engins sur remorque" est également interdite. Il n'est plus possible non plus de remplir des jerrycans d'essence, sauf si c'est en lien avec une activité professionnelle.

Des mesures qui ne s'appliquent pas aux véhicules classés prioritaires, et ceux liés à l'activité hospitalière, aux professions de santé libérales, aux laboratoires d'analyse, aux associations agréées de sécurité civile, aux services publics d'intervention d'urgence (gaz, électricité, eau, réseaux de transport), mais aussi aux transports en commun, aux véhicules de transports de produits pharmaceutiques, aux taxis conventionnés, ou encore aux poids-lourds transportant des animaux vivants ou des aliments pour le bétail, des produits frais de la mer, ou effectuant la collecte de denrées périssables.

Le préfet appelle les Bretons au "civisme"

Plusieurs stations-service et grandes surfaces, dans le Finistère et dans le Morbihan, sont en rupture de stock lundi matin sur l'essence ou le gazole, voire les deux. Les pompiers du Finistère ont confié à France Bleu Breizh Izel n'avoir plus que quatre stations où ils peuvent se ravitailler.

Le préfet du Finistère table sur le "civisme" des Bretons et les appelle à ne pas remplir leur réservoir par précaution, indiquant que ces mesures de restrictions sont "transitoires". Les difficultés d'approvisionnement des stations-service bretonnes s'expliquent par le blocage, depuis une semaine, de deux dépôts de carburant, à Lorient (Morbihan) et Brest (Finistère). A Brest, le dépôt pétrolier est bloqué par des professionnels du BTP, plusieurs dizaines de camions ou d'engins de chantiers sont stationnés le long du dépôt sur le port. A Lorient, le BTP et les "gilets jaunes" se relaient sur le site.

Onze dépôts de carburat Total bloqués

Les patrons des petites entreprises affirment ne pas être entendus. L'objet du conflit, le GNR, gazole non routier destiné aux engins de chantier, actuellement détaxé. En janvier le coût passerait de 0,80 euro le litre à un 1,30 € par litre. Pour les manifestants, il s'agit un véritable impôt nouveau qui mettrait en péril les entreprises : "Je vais subir une perte de 70 000 euros, c'est une nouvelle charge", témoigne Bruno Corre, le porte-parole des manifestants à Brest. Il est directeur adjoint d'une entreprise de la région de Carhaix. "C'est un appel au secours, on n'est pas violent, on n'a rien cassé, pas comme à Paris! On n'est pas des voyous, on est des patrons d'entreprises !", a-t-il expliqué.

Un autre blocage de dépôt de carburant est en cours, lundi matin, au Mans (Sarthe), et des "gilets jaunes" ont prévu de bloquer le dépôt de Donges (Loire-Atlantique). La France compte 203 dépôts de stockage de produits pétroliers, et l'Etat dispose de stocks stratégiques équivalent à trois mois de consommation.

D'après un porte-parole de Total, onze de ses dépôts de carburant étaient bloqués lundi et 75 stations-service sur les 2.200 appartenant au groupe pétrolier étaient à sec.