Hausse des taxes sur le carburant : "C'est une vraie attaque contre le pouvoir d'achat", dénonce le président de l'Ufip

Alors que les noms des carburants à la pompe changent vendredi en France et que les prix augmentent, Francis Duseux, président l'Union française des industries pétrolières, alerte sur les conséquences d'une nouvelle augmentation des taxes.

franceinfo

La hausse des taxes sur le carburant "est une vraie attaque contre le pouvoir d'achat" des Français, a dénoncé ce vendredi sur franceinfo Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

La semaine dernière, les prix des carburants routiers ont tous augmenté : le gazole s'affichait en moyenne à 1,5217 euros le litre, 3,82 centimes de plus que la semaine précédente. Le litre d'essence sans-plomb 95 a pour sa part progressé de 2,13 centimes, à 1,5733 euros.

Les sanctions de Donald Trump contre l'Iran pèsent lourd

La faute à "un contexte géopolitique très tendu", a expliqué Francis Duseux. Il y a d'abord la crise politique au Vénézuela d'après le spécialiste. Elle provoque une baisse de la production de pétrole, "nous avons perdu 2 millions de barils par jour" précise même le président de l'Ufip. "Et puis surtout, il y a le problème des sanctions de Donald Trump contre l'Iran et l'influence diplomatique des États-Unis est très importante", continue-t-il. L'Iran vend donc moins de barils ces derniers mois, "ce qui fait que l'ensemble  est tendu entre l'offre et la demande".

Mettre un "impôt sur la pollution" : un "mauvais argument"

Et la tendance ne va pas s'inverser avec l'entrée en vigueur effective des sanctions américaines sur Téhéran. Les prix à la pompe devraient alors continuer de grimper. Et pour ne rien arranger, la fiscalité sur les carburants, aussi, va continuer d'augmenter en 2019. Le 20 septembre dernier, le Premier ministre Édouard Philippe avait dit "assumer" la hausse des taxes sur les carburants, jugeant nécessaire "d'accompagner la transition écologique" avec un "impôt sur la pollution". "C'est un mauvais argument", a commenté Francis Duseux et même "une vraie attaque contre le pouvoir d'achat."

Car "85% des Français ont besoin de leur voiture pour aller bosser, pour conduire les enfants à l'école et pour aller faire les courses", rappelle-t-il. "Je vois venir un vrai problème social. On a une dizaine de coups de fil chaque jour au sein de l'Ufip où les gens s'inquiètent", a affirmé le président de l'Ufip.

Francis Duseux, président de l\'Ufip, invité de franceinfo.
Francis Duseux, président de l'Ufip, invité de franceinfo. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)