Hausse des prix des carburants : "Normalement les coûts pourraient baisser un peu dans les semaines à venir", estime un spécialiste

"Nous connaissons une véritable tension sur le marché mondial du pétrole et ceci se répercute avec une semaine du délai sur les prix à la pompe", estime Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières et de l’énergie.

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Un conducteur se prépare à faire le plein d'essence de son véhicule dans une station-service de la ville de Montpellier, le 12 octobre 2021. (PASCAL GUYOT / AFP)

"Normalement les coûts pourraient baisser un peu dans les semaines à venir", a estimé lundi 17 janvier sur franceinfo Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'Université Paris Dauphine, spécialiste des matières premières et de l’énergie, après la forte augmentation des prix du carburant. Les prix des carburants ont atteint un record la semaine passée, le gazole dépassant les 1,60 euro le litre pour la première fois. Le sans-plomb 1995-E10, l'essence la plus répandue, s'est vendu à 1,6821 euro, soit une hausse de plus de 2 centimes par rapport au précédent record établi la semaine précédente.

franceinfo : Comment expliquez-vous cette hausse ?

Philippe Chalmin : Dans le prix des carburants, il y a trois éléments qui jouent. Il y a un élément qui est la fiscalité, il y a le dollar et enfin le pétrole. La flambée actuelle des cours est liée un peu à la faiblesse de l'euro face au dollar et surtout à la hausse considérable du pétrole qui vient de clôturer à un peu plus 86 dollars le baril. Il y a encore deux ou trois mois on considérait les niveaux de 60 à 70 dollars comme relativement élevé. Donc, nous connaissons une véritable tension sur le marché mondial du pétrole et ceci se répercute avec une semaine du délai sur les prix à la pompe.

Est-ce parce qu'il y a plus de demandes ?

Il a deux phénomènes. Les prix du pétrole sont aussi corrélés à notre anticipation sur l'impact que le variant Omicron va avoir sur la vie économique de la planète. Le variant Omicron semble un peu s'estomper. Les marchés le pensent aussi et s'il y a moins d'Omicron, il y a moins de Covid, nous voyagerons plus, nous prendrons nos voitures, l'avion. Donc la demande pétrolière mondiale remontera peut-être un peu plus rapidement à un moment où les producteurs montrent quelques difficultés à tenir leurs engagements. L'Opep et la Russie se sont engagés à augmenter chaque mois de 400 000 barils par jour leur offre sur le marché et manifestement ils n'y parviennent pas parce qu'il y a des problèmes au Nigeria, en Angola, en Libye. Plutôt que d'anticiper un excédant mondial certains parlent de déficit. À 86 dollars, le pétrole est encore assez loin des records de 2008, 147 dollars, et entre 2010 et 2013 on s'est baladé entre 100 et 120 dollars le baril.

Les prix vont-ils continuer à augmenter ?

Je ne pense pas que le prix de pétrole va continuer à monter, d'autres le pensent, mais il est suffisamment élevé pour donner des carburants à des niveaux records. Nous sommes à un niveau de plafond et normalement les coûts pourraient baisser un peu dans les semaines à venir. Il faut tenir compte de la hausse de la production aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Donc, normalement les prix devraient baisser. Mais je me suis relativement trompé ces dernières semaines pour que vous ne preniez pas trop au sérieux mes prévisions et il y a des gens qui pensent le contraire.

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