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TotalEnergies : grève nationale pour les salaires, des raffineries et des stations-services à l'arrêt durant 24 heures

Alors que le groupe réalise de larges profits, les salariés estiment que l'inflation les pénalisent de plus en plus et réclament donc des augmentations.

Article rédigé par Grégoire Lecalot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le logo de l'entreprise TotalEnergies sur une station essence, le 29 avril 2022. (ASTRID VELLGUTH / AFP)

Pas une goutte, ou presque, durant 24 heures. Une journée de grève nationale est prévu ce vendredi 24 juin chez TotalEnergies, à l'appel de la CGT. L'ensemble du groupe et de ses filiales en France devrait être impacté. A l'origine de ce mouvement, l'inflation qui pénalise le pouvoir d'achat des salariés, alors que le groupe a engrangé en un trimestre un bénéfice net de plus de 4,6 milliards d'euros.

De l'aveu même du syndicat, si l'inflation n'était pas venu tout remettre en cause, les salariés du géant pétrolier ne seraient pas en grève : l'accord signé en début d'année 2022 était "satisfaisant" par les organisations syndicales. Il prévoyait ainsi une augmentation des salaires de 2,35% et qu'aucun salarié ne touche moins de 1000 euros brut par mois. Mais ces gestes ont été dévorés par la hausse des prix.

Selon Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité d'entreprise européen TotalEnergies SE, estime que les profits du groupe sont mal partagés. "On arrive à un total de 10 milliards de dollars qui ont été versés aux actionnaires pour l'année 2021. Donc on pense qu'effectivement, il y a un déséquilibre. Et en plus, face aux 2,35 % qui ont été donnés aux salariés en début d'année, si on compare au 52 % d'augmentation du PDG, on pense que dans cette histoire et face au record historique de TotalÉnergies, les salariés sont les grands oubliés", indique-t-il à franceinfo.

"Aucun produit n'entrera ou ne sortira pendant 24 heures"

Les salaires sont particulièrement bas dans certaines filiales du groupe, où les salariés toujours au Smic ont du mal à progresser, même avec l'ancienneté. Certaines stations garderont donc le rideau baissé aujourd'hui. Plus proche du public, le réseau Argedis, filiale à 100% du groupe, qui gère 185 stations-service TotalEnergies dans toute la France, sur les voies rapides et en zones péri-urbaines, où sont employés quelque 3.200 salariés, "les plus mal payés de la Compagnie TotalEnergies", selon la CGT.

Ainsi, les salariés de la raffinerie de Normandie, à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), de la raffinerie de Feyzin (Rhône), de la bio-raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône) et du dépôt de l'ancienne raffinerie des Flandres, près de Dunkerque (Nord) ont prévu de se mobiliser, selon la CGT. Le syndicat prévoit "qu'aucun produit n'entrera ou ne sortira pendant 24 heures de ces sites" où les niveaux de production seront au minimum. Des débrayages à la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) sont également attendus. 

Dans le reste du groupe, la centrale prévoit des mouvements dans 14 des 19 usines de la filiale Hutchinson (joints pour l'aéronautique et l'automobile), ainsi que dans les usines Saft (fabrication de batteries pour le transport maritime notamment) de Bordeaux et Poitiers. 

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