Epuisement, poursuites judiciaires... Trois signes qui montrent qu'Elon Musk traverse une mauvaise passe

Fragilisé après avoir posté un tweet où il évoquait la sortie de la Bourse de son entreprise Tesla, Elon Musk affirme être surmené. 

Elon Musk lors d\'une conférence de presse à Chicago, le 14 juin 2018. 
Elon Musk lors d'une conférence de presse à Chicago, le 14 juin 2018.  (KIICHIRO SATO / SIPA)

Surmené, Elon Musk est au bout du rouleau. "L'année écoulée a été l'année la plus difficile et la plus douloureuse de ma carrière (...) C'était atroce", s'est-il confié dans un entretien au New York Times (en anglais), jeudi 16 août, fait rare pour un grand patron qui incarne le visage de son entreprise. Franceinfo vous explique ce coup dur que traverse l'iconoclaste innovateur et milliardaire sud-africain. 

Il donne une interview entre rire et larmes au "New York Times"

Dans son entretien au New York Times, Elon Musk, qui n'a pas pu retenir ses larmes, s'est confié sur ses états d'âmes. Il a révélé travailler 120 heures par semaine, et voir de moins en moins ses enfants et ses amis. Il raconte avoir passé les 24 heures de sa journée d'anniversaire, le 28 juin dernier, au travail, sans voir aucun de ses proches. 

Sa santé physique semble aussi pâtir de ce rythme effréné. "Des amis sont passés me voir et sont vraiment inquiets", a-t-il confié au New York Times. Il confirme également devoir prendre un sédatif, de l'Ambien, pour pouvoir dormir. Ces confidences ont provoqué le plongeon de près de 9% de l'action de Tesla en bourse. "Il n'est pas sensé de laisser Elon se consumer de la sorte", a réagi Ross Gerber, un des actionnaires de Tesla et un inconditionnel du milliardaire, sur son compte Twitter. "Le conseil d'administration de Tesla doit agir et trouver un directeur des opérations dès que possible", presse-t-il.

Des recherches seraient en cours pour lui trouver un numéro 2

Le conseil d'administration n'envisage pas pour l'instant d'adjoindre un numéro 2 à Elon Musk, a confié à l'AFP une source proche du dossier, mais le New York Times avance que des recherches sont en cours pour trouver quelqu'un qui pourrait remplir ce rôle. 

"Il faut clairement un lieutenant à Elon Musk", a quant à lui affirmé à l'AFP Charles Whitehead, professeur de droit à l'Université Cornell à New York. Il fait référence au modèle déjà en place chez SpaceX, une des sociétés fondées par le milliardaire. En effet, les opérations au jour le jour de la société aérospatiale sont dirigées par Gwynne Shotwell, qui occupe la fonction de directrice générale déléguée. 

Tesla a déjà songé à un tel schéma il y a quelques années et avait pensé à Sheryl Sandberg, la numéro 2 de Facebook, selon Elon Musk. "Il faut qu'un administrateur, tout en prenant garde de ne pas lui donner l'impression qu'il a fait quelque chose de mal, explique franchement à Elon qu'il a besoin d'aide pour que l'entreprise réussisse", estime Charles Whitehead. A court terme, Elon Musk pourrait également prendre un peu de recul pour se reposer comme ce fut le cas en 2011 d'Antonio Horta-Osorio, le PDG de Lloyds Banking Group. Découvert épuisé dans son bureau, ce banquier avait pris un arrêt de travail de quelques semaines et avait repris par la suite ses fonctions, avec succès.

Tesla fait l'objet de poursuites judiciaires 

Depuis le tweet posté par Elon Musk le 7 août dernier, Tesla traverse de violentes turbulences : le message a en effet provoqué beaucoup de confusion sur les places boursières. Tesla est même dans la ligne de mire du gendarme de la Bourse, la SEC, à cause de ces deux phrases et 52 caractères. Le constructeur de véhicules électriques haut-de-gamme fait l'objet de poursuites judiciaires de financiers car dans son tweet, Elon Musk a assuré avoir "sécurisé le financement" pour sortir la société de la Bourse au prix de 420 dollars le titre. Cette opération requérerait au moins 50 milliards de dollars même si Elon Musk gardait sa participation de 20%.

L'annonce d'Elon Musk, en pleine séance d'échanges sur les marchés, a fait flamber le cours de l'action Tesla. Kalman Isaacs et William Chamberlain, deux financiers qui spéculaient sur la chute boursière de Tesla, ont porté plainte vendredi 9 août, accusant Elon Musk et Tesla d'avoir tout fait pour gonfler "artificiellement" le cours. Une enquête a donc été ouverte pour s'assurrer de la véracité des affirmations d'Elon Musk.