Sondage : Les Français approuvent très largement la loi sur les mobilités

L'enquête Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et Le Figaro révèle que les Français adhèrent à 72% aux principales mesures de la loi mobilité.

Un carrefour à Annecy (illustration).
Un carrefour à Annecy (illustration). (NORBERT FALCO / MAXPPP)

La loi sur les mobilités, adoptée mardi 18 juin par les députés, est très bien accueillie par les Français avec 72% d’adhésion en moyenne aux six mesures testées, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting* pour franceinfo et le Figaro. 85% des Français trouvent qu’il faut encadrer l'utilisation des trottinettes électriques (âge minimal à 12 ans, obligation de les garer dans des lieux dédiés…) et 64% approuvent l’autorisation donnée aux départements de revenir sur la limitation à 80km/h.

Trois autres mesures reçoivent un haut niveau d’approbation : la possibilité pour les régions de gérer les "petites lignes" ferroviaires (82%), le forfait "mobilités durables" défiscalisé de 400 euros versé par les employeurs aux salariés qui viennent à vélo ou en covoiturage (78%) et enfin la contribution du transport aérien pour développer les autres types de transport (71%). Ces mesures sont approuvées par toutes les catégories de la population (âge, sexe, urbains, ruraux…) et toutes les sensibilités politiques. 

La fin des ventes de véhicules à carburants fossiles ne passe pas

Globalement, les Français estiment que cette loi mobilités répond bien aux évolutions des moyens de transport et rend la mobilité plus accessible à un plus grand nombre de Français (60% d’approbation dans les deux cas), mais ils trouvent également qu’elle permet d’agir efficacement sur l’environnement et le climat (56%).

Il y a toutefois une exception, concernant la fin des ventes de véhicules à carburants fossiles (diesel, essence et gaz) programmée pour 2040. Cette disposition est rejetée par 55% des Français. La résistance vient principalement de droite, 60% des LR et 72% des RN rejette cette disposition de la loi.

Les Français pour limiter les trajets aériens

Toujours selon ce sondage, 70% des Français approuvent l’idée d’interdire certains trajets aériens internes. Cette proposition, débattue dans le cadre de la loi mobilités, fait consensus politiquement dans l’opinion. Cet amendement d’EELV et de LFI (notamment du député de la Somme, François Ruffin) n'a pas été retenu dans la loi mobilités. Mais il fait un "carton" à gauche (entre 82% et 84% de soutien) et est également très soutenu chez les sympathisants de LREM (65%), de LR (68%) et du RN (61%).

 En matière d’environnement, les Français se montrent donc offensifs. Ils n’approuvent pas uniquement les mesures incitatives, ils sont prêts à en accepter d’autres qui viendraient restreindre le choix de transports aujourd’hui proposé, conclut le sondage.

Les transports propres de plus en plus plébiscités

Ces trois dernières années, de nombreux Français ont fait évoluer leurs modes de transport, révèle le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et le Figaro. Les trois quarts d’entre eux ont changé au moins une habitude. Entre 3 et 4 Français sur 10 ont pris moins souvent l’avion (41%), utilisé davantage de moyens de transports propres type vélo ou trottinette (38%), acheté une voiture qui consomme moins de carburant (37%), pris plus souvent le train (36%) ou se sont mis au covoiturage (33%).  

Ces changements de comportements s'expliquent par un mélange de motivations environnementales, économiques et pratiques. Ils sont particulièrement marqués chez les jeunes, en particulier sur l’usage des modes de transports propres (de 24% chez les 65 ans et plus, à 52% chez les moins de 25 ans) et sur le covoiturage (de 20% chez les 65 ans et plus, à 52% chez les plus jeunes).

*L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1 0002 Français de 18 ans et plus, via la méthode des quotas, interrogés par internet les 19 et 20 juin.