Le vice-président de la métropole du Grand Paris salue l'interdiction des véhicules diesel immatriculés avant 2001 dans le périmètre de l'A86

La métropole du Grand Paris a voté lundi 12 novembre l'interdiction des véhicules diésel dans 79 communes du Grand Paris à partir de juillet 2019.

L\'autoroute A86, à hauteur de Gennevilliers.
L'autoroute A86, à hauteur de Gennevilliers. (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

Dés le mois de juillet 2019, les véhicules diesel immatriculés avant 2001 seront interdits à l'intérieur du périmètre de l'A86. Cela concerne 79 communes. La décision a été votée par les élus du Grand Paris lundi 12 novembre. "Il y en a trop !", affirme sur franceinfo Daniel Guiraud, maire PS des Lilas et vice-président de la métropole du Grand Paris.

franceinfo : En pleine grogne des automobilistes contre la hausse des prix du carburant et à quelques jours d'une grande manifestation, n'y a-t-il pas un petit peu de provocation de votre part ?

Daniel Guiraud : Loin de nous l'idée de provoquer qui que ce soit. Nous avions programmé de longue date cette réunion et cette décision. Il se trouve qu'il y a un effet de calendrier, mais en aucun cas il n'y a de volonté de télescopage du mouvement des gilets jaunes. Nous avons souhaité, compte tenu du fait que la qualité de l'air est très très mauvaise en Île-de-France, faire ce qu'on fait dans 227 autres endroits dans les villes européennes, c'est-à-dire limiter la circulation des véhicules les plus polluants, en commençant par les très, très, vieux véhicules, puisqu'en l'occurrence il s'agit des véhicules immatriculés entre janvier 1997 et décembre 2000, soit des véhicules âgés de 18 à 21 ans. Il y en a trop !

Quels véhicules sont visés ?

Ça représente à peu près 1% des véhicules roulant, mais ils sont particulièrement polluants. On a bien vu dans toutes les villes européennes qui ont pratiqué les zones de basse émission, qu'on a obtenu des résultats rapides et concrets sur la qualité de l'air. La mauvaise qualité de l'air tue et toutes les études convergent pour constater qu'il y a beaucoup de morts prématurées, d'infections respiratoires qui frappent les enfants en raison des émissions de dioxyde d'azote et de particules fines dans les zones urbaines denses, où beaucoup de véhicules circulent.

Le diesel concerne beaucoup de véhicules utilitaires, ne craignez-vous pas que cette mesure se traduise par une baisse de l'activité économique ?

Il existe déjà des aides aux particuliers et aux commerçants et artisans qui n'ont pas les moyens de changer leur véhicule. La métropole du Grand Paris octroie une aide de 5 000 euros, qui s'additionne au bonus écologique de 6 000 euros et à la prime à la conversion de 2 500 euros, ce qui fait aux alentours de 13 500 euros. C'est déjà une contribution forte pour aider à changer de véhicule, et de surcroît un véhicule en fin de parcours, qui risque de toutes manières de cesser de fonctionner dans peu de temps. Il y aura des personnes qui auront du mal à changer, c'est pourquoi nous allons intensifier notre action vis-à-vis de l'Etat pour qu'on puisse avoir davantage de moyens pour aider les plus démunis à pouvoir faire face à cette situation. L'idée, ce n'est pas de laisser des gens au bord du chemin, notamment quand ils doivent travailler. Nous allons tout faire pour améliorer le système, faire qu'il y ait encore plus de primes à la conversion, de bonus écologiques et de subventions à l'acquisiton de véhicules propres.