Dieselgate : trois constructeurs japonais reconnaissent avoir falsifié des contrôles anti-pollution

Après Volkswagen, Nissan ou Opel, plusieurs constructeurs automobiles japonais sont à leur tour pris dans la tourmente du Dieselgate.

Les constructeurs japonais Suzuki, Mazda et Yamaha Motor à leur tour pris dans le scandale du trucage des système anti-pollution.
Les constructeurs japonais Suzuki, Mazda et Yamaha Motor à leur tour pris dans le scandale du trucage des système anti-pollution. (JEAN-LUC FLÉMAL / MAXPPP)

Les constructeurs japonais Suzuki, Mazda et Yamaha Motor reconnaissent avoir falsifié les contrôles anti-pollution sur certains de leurs véhicules. L'annonce a été faite jeudi 9 août par le ministère des Transports japonais, un mois après des révélations similaires concernant un autre constructeur nippon : Nissan. Ce dernier, partenaire de Renault, avait admis ne pas avoir effectué correctement les mesures des performances d'émission de gaz d'échappement.

De telles révélations sont aujourd'hui monnaie courante, trois ans après le déclenchement du scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen. Opel, Daimler-Mercedes ont déjà été mis en cause, à tel point que tous les constructeurs automobiles semblent concernés par les falsifications de contrôles anti-pollution. Les noms de constructeurs automobiles cités ne représentent en fait qu'une infime partie de la réalité. "C'est un mal général", selon Daniel Duprez, directeur de recherche émerite au CNRS et spécialiste des systèmes de dépollution automobile.

Je ne veux pas jeter l’opprobre sur l'ensemble des constructeurs automobiles mais je pense que tous sont confrontés à ce problème. Tous.Daniel Duprez, professeur au CNRS à franceinfo

Les systèmes anti-pollution pour le diesel sont très sophistiqués et les constructeurs ont atteint selon lui une limite technologique. Pour homologuer les nouveaux moteurs, il faut désormais respecter des normes d'émissions en conditions réelles de conduite, ce qui rend difficile le réglage d'un tel système. "Si on roule à 90 km/h en vitesse stabilisée, sans montée ni descente, c'est très stable, il n'y a pas de problème, explique Daniel Duprez. Mais quand on est en ville, qu'il y a des montées, qu'on accélère, qu'on passe à 130 km/h, alors les choses sont beaucoup plus compliquées à mettre en oeuvre au niveau du système de dépollution."

Les constructeurs automobiles doivent choisir : soit ils n'arrivent pas à respecter la norme et trichent, soit ils optent pour trouver un système fiable de dépollution, ce qui peut coûter très cher, et il faut que leurs clients soient prêts à mettre le prix pour avoir un véhicule diesel propre. Au vu des dernières révélations, les constructeurs automobiles semblent avoir privilégié la deuxième option.