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Hausse de la taxe sur le diesel : la vaine opposition de Ségolène Royal

La ministre de l'Ecologie a toujours dit qu'elle était opposée à cette augmentation. Elle l'a encore déclaré dimanche. Et a finalement été désavouée, puisque la taxe sur ce carburant augmentera de 2 centimes par litre en 2015.

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La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal au palais de l'Elysée, à Paris, le 10 septembre 2014. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Elle a gardé son indépendance d'esprit, mais elle n'est pas toujours écoutée. Ségolène Royal n'est pas favorable à la hausse de la taxe sur le diesel. Malgré cette opposition, le gouvernement a confirmé, mercredi 1er octobre, qu'il procéderait à une augmentation de 2 centimes par litre, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2015.

La ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a fait part de son désaccord à maintes reprises. Voici ses précédentes déclarations.

28 septembre 2014 : "Je n'y suis pas favorable"

La dernière mise au point de la ministre est récente : elle date de dimanche. Interrogée au "Grand Rendez-vous" Europe 1, Le Monde et i-Télé, à propos de la hausse de la taxe sur le diesel de deux centimes par litre, Ségolène Royal déclarait : "Moi, je n'y suis pas favorable ; maintenant, c'est une décision gouvernementale. Si elle est prise, j'en serai solidaire."

"Si ces taxes sont faites, elles n'ont rien à voir avec la transition énergétique", estimait-elle. "Si elles sont faites, elles vont au budget de l'Etat, elles ne vont pas financer les énergies renouvelables." "Je ne veux pas d'écologie punitive, je ne veux pas que l'écologie soit financée par un impôt", ajoutait Ségolène Royal.

13 mai 2014 : "On ne peut pas fiscalement charger des citoyens"

En effet, le 13 mai, Ségolène Royal estimait que la transition énergétique ne devait pas passer par un alourdissement de la fiscalité du diesel, mais par une accélération de l'écomobilité. "Tout l'effort du gouvernement se dirige actuellement vers l'allégement de la charge fiscale. On ne peut pas fiscalement charger encore des citoyens qui n'ont pas les moyens de changer leur voiture", déclare la ministre, selon le site du Monde.

Ce jour-là, Ségolène Royal affirmait aussi sa détermination à "en terminer petit à petit avec les voitures diesel". "Il est aberrant de continuer à en produire pour ensuite les taxer." Selon elle, il faut trouver "un moyen pour que les Français qui souhaitent changer leur voiture diesel polluante puissent directement faire l'achat d'un véhicule électrique ou d'un véhicule hautement performant".

La ministre avait alors proposé une piste pour compenser l'abandon de l'écotaxe, argument aujourd'hui avancé pour justifier la hausse de la taxe du diesel. Elle envisageait, d'après Le Figaro, une taxe sur les sociétés d'autoroute "si l'on parvient à obliger les camions étrangers à prendre l'autoroute plutôt que les routes", et "une vignette à la frontière", qui ne s'appliquerait donc pas aux camions français lors des trajets intérieurs.

4 mars 2013 : "Je considère que l'écologie ne doit pas être punitive"

Mais sa prise de position est encore plus ancienne, puisqu'elle est bien antérieure à son entrée au gouvernement. "On a encouragé les Français pendant des années à acheter des voitures diesel, on ne va pas du jour au lendemain leur taper sur la tête avec un impôt supplémentaire", expliquait-elle le 4 mars 2013 sur France Inter, alors que la ministre de l'Ecologie de l'époque, Delphine Batho, avait évoqué l'augmentation de la taxe du diesel.

"Je considère que l'écologie ne doit pas être punitive. Si à chaque fois qu'on fait de l'écologie on met un impôt supplémentaire, alors les Français se détourneront de l'écologie", ajoute-t-elle alors. Un argument qu'elle à nouveau utilisé dimanche. En vain.

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