VIDEO. "Il fallait faire la fusion" entre PSA et Fiat-Chrysler "pour assurer le passage à l'électrique", affirme Louis Gallois

Le mariage était nécessaire pour pouvoir amortir les frais du passage à l'électrique, a défendu Louis Gallois. Il assure qu'il n'y aura pas de conséquences sur l'emploi.

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

"Il fallait faire la fusion" entre PSA et Fiat-Chrysler "pour assurer le passage à l'électrique", a affirmé lundi 18 janvier sur France Inter Louis Gallois, qui vient de quitter la présidence du Conseil de surveillance de PSA. Il a présidé la dernière assemblée générale du groupe qui a validé le mariage entre le constructeur français et le constructeur italo-américain pour en faire le quatrième groupe automobile mondial.

"Le but, c'est de créer un ensemble qui soit capable de faire face aux défis de l'avenir, a défendu Louis Gallois. Vous avez deux entreprises qui sont totalement complémentaires. L'une est très forte en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, c'est Fiat-Chrysler, et une très forte en Europe, c'est PSA."

"Quand vous associez les deux, vous avez la couverture des deux tiers du marché mondial, c'est une force tout à fait remarquable."

Louis Gallois, ex-président du Conseil de surveillance de PSA

à franceinfo

"La seconde chose, c'est que le passage à l'électrique entraînant un très, très gros investissement. Il faut pouvoir amortir" les chaînes de fabrication de batteries qui coûtent 4 milliards d'euros l'unité. "Vous amortissez mieux sur huit millions de voitures que sur quatre", ajoute l'ancien président du conseil de surveillance. "Cette opération est une opération qui s'imposait dès lors qu'elle était possible", estime-t-il.

Interrogé sur le risque que la fusion ne se transforme en absorption de PSA par Fiat-Chrysler, Louis Gallois cite l'exemple d'une fusion réussie : celle de l'allemand, Dasa, et du français Aerospatiale Matra pour créer Airbus. "C'est possible, si on prend bien garde à s'assurer que chacun ne garde pas son drapeau et que les entreprises fusionnent réellement, et je fais confiance à Carlos Tavarès, qui a montré des talents exceptionnels pour faire en sorte, justement, que cette fusion soit une véritable fusion dès le départ, qu'il n'y ait plus les anciens de FCA les anciens de PSA, mais qu'il y ait les nouveaux de Stellantis, c'est extrêmement important."

La garantie d'emploi est "dans le contrat de mariage"

Il ne se montre pas inquiet sur le terrain de l'emploi. "Ce sont deux entreprises qui vont bien (…) donc il n'y a pas de raison que la fusion en elles-mêmes entraîne des baisses d'emplois. La fusion elle-même ne crée pas de baisse d'emplois, la garantie sur les sites est dans le contrat de mariage. Ceci étant dit, il y a les aléas de l'industrie", concède l'ex-président du Conseil de surveillance de PSA.

Invité à commenter la valorisation boursière de 800 milliards de dollars du constructeur Tesla, Louis Gallois a affirmé que cette "survalorisation" n'avait "aucun sens" et ne représentait pas "l'avenir de l'automobile".  "Tesla est une magnifique entreprise, c'est peut-être même un exemple dont il faut fortement s'inspirer", a reconnu Louis Gallois. Mais sa valorisation n'a aucun sens. Tesla vaut maintenant deux ou trois fois Toyota qui est une entreprise extrêmement prospère qui dégage une profitabilité nettement supérieure à Tesla et qui est sur toutes les technologies."

La force de Tesla : "Il n'a pas d'héritage"

D'après le capitaine d'industrie, "la force de Tesla c'est qu'il n'a pas d'héritage, il part d'une page blanche". Son patron Elon Musk "a été extrêmement audacieux et a conçu un nouveau modèle de développement d'automobiles. Il s'est dit : il faut que je fasse une voiture ou je puisse mettre le maximum de batterie. Et à partir de là il a monté son véhicule. Il n'est pas parti non plus de l'acier. II est parti de la plateforme informatique, et il a construit la voiture autour de la plateforme informatique", a résumé Louis Gallois.

L'ex-président du Conseil de surveillance de PSA pense "qu'on ira vers le tout électrique et on ira probablement aussi vers l'hydrogène, derrière l'électrique. Mais il y aura une période où il va falloir de l'hybride parce que les gens sont demandeurs d'une voiture plus souple qu'une voiture électrique, une voiture électrique, Son rayon d'action est limité. La recharge prend du temps, etc."

Louis Gallois, ex-président du Conseil de surveillance de PSA, le 18 janvier 2021 sur France Inter.
Louis Gallois, ex-président du Conseil de surveillance de PSA, le 18 janvier 2021 sur France Inter. (FRANCEINTER / RADIOFRANCE)