Vidéo Climat : il faut "accélérer le passage aux véhicules électriques sans oublier les travailleurs", affirme Laurent Berger

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Laurent Berger et Nicolas Hulot signent un rapport sur le climat et l'avenir de l'industrie automobile. Ils proposent notamment que toutes les voitures produites en France soient électriques en 2035.

Il faut "accélérer le passage aux véhicules électriques sans oublier les travailleurs", a déclaré Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Il était l'invité de franceinfo ce mercredi 30 juin, aux côtés de l'ancien ministre Nicolas Hulot. Ensemble, ils signent un rapport sur l'industrie automobile qui propose que toutes les voitures produites en France soient électriques en 2035.

Laurent Berger estime que les pertes d'emplois dans le secteur automobile sont "dues aux délocalisations" mais aussi "à l'évolution de la consommation concernant les véhicules et c'est dû surtout à une absence d'anticipation". D'après lui, "l'accélération de la transition écologique dans le domaine de la motorisation du secteur automobile, c'est bénéfique sur l'emploi pour ne pas avoir les 100 000 emplois de perte du scénario actuel". Il dénonce les "logiques bas coût qui ont été développées à fond dans l'automobile, avec peu de composants produits sur le sol national, on appelle à aller à rebours de ça".

"Les véhicules électriques, c'est le sens de l'histoire"

D'après le secrétaire général de la CFDT il faut s'appuyer "sur l'idée d'accélérer le passage aux véhicules électriques, en accompagnant les travailleurs, en prévoyant ce que va devenir leur emploi, en anticipant, mais aussi en créant un fonds de transition qui permet de dire : telle composante d'un moteur va évoluer de telle manière, et bien on vous accompagne pour pouvoir vous repositionner professionnellement", développe Laurent Berger.

"Un véhicule électrique, c'est trois fois moins d'impact CO2 durant sa vie qu'un véhicule thermique", insiste le responsable syndical. S'appuyant sur le pré-rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), il estime qu'"il va falloir qu'on s'interroge si à un moment donné, on fait radicalement ces virages ou on ne les fait pas".

"Les véhicules électriques, c'est le sens de l'histoire", renchérit Nicolas Hulot. Le développement de l'électrique "est un impératif si la France veut tenir ses engagements climatiques, mais c'est aussi un impératif si on veut éviter que le secteur de l'industrie automobile s'effondre et continue le déclin qui a été largement amorcé".

"On peut freiner le déclin si on relocalise"

L'ancien ministre de la Transition écologique pointe lui aussi le fait que de 60 à 70% des composants sont aujourd'hui produits hors de France, mais "on peut freiner le déclin si on relocalise et si on freine la délocalisation de la chaîne de valeur". Il souhaite que "l'État contribue notamment en conditionnant ces aides publiques au secteur automobile" et en orientant la commande publique sur des automobiles "made in France". Il affirme que "50% des véhicules vendus en France sont soit des flottes d'entreprise, soit des flottes d'État, c'est un levier excessivement puissant".

Interrogé sur la problématique du recyclage des batteries électriques, Nicolas Hulot estime qu'aujourd'hui "on arrive à en retraiter 40%, on doit arriver rapidement à 70 % et on arrivera à 90%. Mais il faut créer la filière, il va y avoir de l'emploi dans l'économie circulaire, du travail dans la transformation des véhicules thermiques en véhicules électriques. Mais il faut y mettre les moyens", insiste le président d'honneur de la fondation Hulot.

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