"Ils disent qu’il y a trop de monde dans l’usine, les gens n'ont pas le moral" : la morosité du secteur automobile vue de l'usine Renault à Flins

Alors que s’ouvre à Francfort le Salon de l’automobile, après le dieselgate et malgré leurs efforts pour se convertir à l'électrique, les acteurs allemands du secteur peinent à masquer leur pessimisme. De ce côté-ci du Rhin aussi : à l'usine Renault de Flins, l'inquiétude pointe.

L\'usine Renault, de Flins, dans les Yvelines, le 3 février 2017.
L'usine Renault, de Flins, dans les Yvelines, le 3 février 2017. (ERIC PIERMONT / AFP)

C'est une tradition dans l'usine Renault de Flins, dans les Yvelines : une fois par semaine, à l'heure du passage de relais entre l'équipe du matin et celle de l'après-midi, la CGT distribue des tracts devant les tourniquets, histoire de prendre la température. Les mines sont bronzées après la pause estivale mais inquiètes : on parle de l'accident de travail survenu le matin même sur une des chaînes.

Le secteur est morose, l'avenir incertain

Mais, à l’heure où le salon de l’automobile de Francfort ouvre ses portes jeudi au public dans un contexte morose pour le secteur, qui peine à se remettre du dieselgate, en Allemagne comme de l’autre côté du Rhin, ce qui occupe surtout les esprits, malgré les bonnes mines affichées, c'est la suppression de l'équipe de nuit juste avant la pause estivale avec l'arrêt définitif de la Clio, fabriquée dorénavant dans les usines Renault de Turquie et de Slovénie.

Il y en a qui se retrouvent sans poste, qui sont inquiets. Que vont-ils devenir ? Certains chefs n’ont pas de poste. Ils disent qu’il y a trop de monde dans l’usine, les gens n’ont pas le moral, on a peur d’avoir du chômage technique...Mohammed, 25 ans d'usineà franceinfo

La Clio partie, il reste la Micra de Nissan ainsi que la Zoé électrique de Renault, deux modèles qui se vendent moins bien que prévu. Des tracts plein les bras, Lassène refuse cependant tout défaitisme : "Il faudra se défendre pour éviter qu’ils nous fassent un plan pour dire que comme on a pas assez de travail, explique-t-il. Il faudra sacrifier sur le samedi obligatoire, sur le salaire qui n’augmente pas… Il ne faut pas tomber dans ce piège." Mille intérimaires ont déjà été remerciés depuis le début de l'année à Flins. Pas de quoi rassurer les 4 500 ouvriers du site.