Automobile : 26% des Français prévoient l'achat d'un véhicule en 2021, une baisse de 10 points en un an, selon l'observatoire Cetelem

Cette tendance morose, liée à la crise du Covid-19, s'observe sur tout le marché mondial de l'automobile. Seuls la Chine et la Turquie échappent à cette chute spectaculaire.

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Un concessionnaire Renault à Paris. Photo d'illustration. (YANN CASTANIER / HANS LUCAS)

Les ventes automobiles vont chuter de 17% dans le monde en 2020 par rapport à 2019 et 28% en Europe, selon les chiffres* de l'Observatoire Cetelem 2021 publiés mardi 15 décembre. Le secteur automobile mondial a été particulièrement touché par la crise du Covid-19 avec des implications sociales importantes. Seuls 27% des Européens, contre 34% en 2019, prévoient l'achat d'un véhicule dans les 12 prochains mois. Ils sont 26% en France, alors qu'ils étaient 36% en 2019.

La Chine et la Turquie s'en sortent mieux

Deux pays échappent à cette chute spectaculaire. Il s'agit notamment du premier pays touché par le Covid-19, la Chine qui enregistre une baisse plus modérée de 9%. Le deusième pays est la Turquie avec une hausse spectaculaire des ventes (+40%) "qui doit tout à l’effondrement en 2019 de la livre turque, lequel avait engendré un recul spectaculaire du marché", précise l'Observatoire Cetelem. L'Espagne et le Royaume‑Uni constatent les plus fortes baisses avec respectivement -36% et -30% des ventes de voiture. Pour sa part, la France devrait enregistrer en 2020 une baisse des achats de 27%, selon des prévisions.

La crise du Covid-19 a bien sûr un impact social : 1,1 million d'emplois ont été affectés en Europe dans le secteur automobile. Ce chiffre ne concerne que les salariés employés directement par les constructeurs de véhicules (automobiles, camions, de fourgonnettes et de bus). L'Allemagne est le pays le plus touché en Europe avec 568 518 emplois concernés. 90 000 emplois sont affectés en France par la crise sanitaire.

Les prévisions pour 2021 ne présagent rien de bon. Seuls 27 % des Européens prévoient l'achat d'un véhicule dans les 12 prochains mois, alors qu'ils étaient 34% il y a un an. Ils sont 32% dans le monde à prévoir cette dépense contre 41% en 2019. L'enquête a été réalisée en septembre avant la seconde vague de la pandémie qui a touché tous les pays. À noter que deux personnes sur trois pensent que la crise va globalement impacter leur budget achat automobile.

Les Européens moins critiques sur l'impact environnemental de l'automobile

Dans ce contexte de fragilité économique qui voit les ventes chuter, six personnes sur 10, en Europe et dans le monde, estiment que les États ne jouent pas leur rôle pour soutenir le secteur automobile. Ces reproches sont particulièrement forts au Brésil et en Espagne avec près de 80% de mécontents.

Le secteur automobile est de plus en plus montré du doigt, accusé d'avoir une responsabilité environnementale aux yeux des personnes interrogées. 72% (69% en Europe) estiment que les critiques envers l’automobile par rapport à l’environnement sont justifiées. Les pays émergents ainsi que ceux de la péninsule ibérique se montrent les plus véhéments, avec 87% des Brésiliens et 83% des Portugais mécontents. Les pays les moins critiques sont en Europe : la Belgique, la France et l'Allemagne (63%, 60% et 55% d'opinions défavorables). Un Européen sur deux estime que l'automobile est plus sévèrement critiquée pour son impact sur l’environnement que d’autres secteurs.

*L’enquête a été conduite par Harris Interactive du 2 au 11 septembre 2020 dans 15 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Chine, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Turquie. Au total, 10 000 personnes âgées de 18 à 65 ans ont été interrogées en ligne.

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