Renault : l'Etat prêt à réduire sa participation pour "renforcer l'alliance" avec Nissan

Après l'échec des discussions avec Fiat Chrysler, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a expliqué vouloir "consolider" l'alliance Renault-Nissan.

Le ministre de l\'Economie Bruno Le Maire, lors d\'une conférence organisée par la Fédération des industries allemandes, à Berlin, le 4 juin 2019.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'une conférence organisée par la Fédération des industries allemandes, à Berlin, le 4 juin 2019. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Fiat Chrysler attendra. La priorité du gouvernement est de "consolider l'alliance" Renault-Nissan, a affirmé samedi 8 juin le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, après l'échec des négociations entre Renault et son concurrent Fiat Chrysler. Pour y arriver, l'Etat est prêt "à réduire sa part" de 15% au capital de Renault, un sujet de frictions récurrent avec Nissan.

Pour justifier le retrait de son offre, le constructeur italo-américain Fiat Chrysler Automobiles (FCA) avait invoqué des "exigences" du ministère et "les conditions politiques" en France. Le gouvernement français a assuré de son côté que les discussions n'avaient pu aboutir faute de garanties sur la préservation de l'alliance avec Nissan. Samedi, Bruno Le Maire, qui répondait à l'AFP en marge du G20 Finances au Japon, a donné de plus amples explications. "Remettons les choses dans le bon ordre, a déclaré le ministre, ça veut dire d'abord la consolidation de l'alliance, et ensuite la consolidation [avec d'autres partenaires], et pas l'un avant l'autre, parce que sinon vous risquez que tout s'effondre comme un château de cartes".

"Pas le moment" pour une fusion Renault-Nissan

Bruno Le Maire n'a pas exclu la possibilité d'une reprise des négociations avec FCA. "Nous sommes ouverts à toutes les possibilités de consolidation, sous réserve que l'ensemble des partenaires soient d'accord", a-t-il dit. Mais "sur des sujets qui engagent des centaines de milliers d'emplois, il faut prendre son temps, nous n'agirons pas dans la précipitation", a poursuivi le ministre.

Comment renforcer l'alliance Renault-Nissan ? Pour une fusion, "je ne crois pas du tout que ce soit le moment", a-t-il souligné, alors que Nissan a récemment rejeté une proposition. Il faut plutôt plancher, selon lui, sur la gouvernance et les participations croisées. "Nous pouvons réduire la part de l'Etat dans le capital" de Renault, a déclaré le ministre. "Cela ne pose pas de difficultés, sous réserves qu'au bout du compte on ait une alliance plus solide entre les deux grands constructeurs automobiles que sont Renault et Nissan". Renault détient actuellement 43% de Nissan. Le constructeur japonais possède lui 15% de Renault, sans droit de vote, et 34% de Mitsubishi Motors.