Japon : Carlos Ghosn n'a pas subi jusqu'à huit heures d'interrogatoire par jour, rétorque un procureur

Soupçonné de malversations financières diverses, Carlos Ghosn s'est enfui au Liban en décembre, alors qu'il avait été libéré sous caution en avril 2019 et préparait son procès au Japon.

L\'ancien patron de Nissan Carlos Ghosn au Liban, le 8 janvier 2020.
L'ancien patron de Nissan Carlos Ghosn au Liban, le 8 janvier 2020. (MOHAMED AZAKIR / REUTERS)

Un procureur en chef adjoint de Tokyo a fermement contesté jeudi 23 janvier les assertions de Carlos Ghosn affirmant durant sa conférence de presse du 8 janvier au Liban avoir "été interrogé jusqu'à huit heures par jour, y compris de nuit" au Japon. "Carlos Ghosn a passé 130 jours en détention et a été interrogé au cours de 70 journées en tout, et pas d'affilée. Donc 60 jours sans interrogatoire", a souligné Takahiro Saito devant quelques journalistes à Tokyo.

"En moyenne, il a été interrogé un peu moins de quatre heures par jour", a assuré le magistrat, précisant que "la plus longue durée d'interrogatoire sur une journée était d'environ six heures, pas en continu, avec des pauses. Cela n'a jamais atteint sept heures et encore moins huit heures". Les interrogatoires étaient selon lui stoppés pour les repas, pour les visites, pour les entretiens avec ses avocats ou pour la douche.

Soupçonné de malversations financières

Un des avocats japonais de Carlos Ghosn, Takashi Takano, avait posté sur son blog la liste des interrogatoires, avec pour chaque jour l'heure de début et de fin, en précisant cependant que les pauses étaient incluses, mais sans en indiquer ni le nombre, ni la durée. "Carlos Ghosn et son avocat ont compté dans les heures d'interrogatoires toutes ces pauses, c'est étrange, clairement faux et destiné à tromper les médias", a protesté le procureur selon qui l'ancien patron de Renault et Nissan a vu ses avocats "presque tous les jours" de sa détention, pour des entretiens d'une durée moyenne de deux heures.

Par ailleurs, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a jugé "extrêmement regrettable" la fuite de Carlos Ghosn, comme de nombreux responsables nippons avant lui. "Un travail d'enquête est mené pour connaître les détails de sa fuite et prendre des mesures afin que de tels cas ne se reproduisent pas", a rappelé Shinzo Abe.

Soupçonné de malversations financières diverses, Carlos Ghosn s'est enfui au Liban à la fin du mois dernier, alors qu'il avait été libéré sous caution en avril 2019 et préparait son procès au Japon, dont la première phase devait en théorie débuter en avril.