Carlos Ghosn libéré sous caution : l'avocat de sa famille espère "la fin d'un cauchemar qui a duré plus de 107 jours"

Carlos Ghosn doit payer 8 millions d'euros pour sa remise en liberté sous caution. 

Carlos Ghosn, visé par une enquête préliminaire sur les conditions de son mariage au château de Versailles.
Carlos Ghosn, visé par une enquête préliminaire sur les conditions de son mariage au château de Versailles. (JEREMY LEMPIN / EPA)

La famille de Carlos Ghosn est "impatiente de pouvoir répondre aux accusations qui ont été distillées par le procureur de Tokyo", a affirmé l'avocat de la famille Ghosn mardi 5 mars sur franceinfo. Le tribunal de Tokyo a annoncé mardi qu'il acceptait la remise en liberté sous caution de Carlos Ghosn sous strictes conditions après une centaine de jours en prison pour malversations financières.  

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Maître François Zimeray a déclaré ne pas encore savoir si Carlos Ghosn avait pu réunir la somme de 8 millions d'euros requise pour sa libération. Si tel est le cas, l'ancien PDG des constructeurs automobiles Nissan et Renault devrait pouvoir sortir de prison dès mercredi.


franceinfo : La justice japonaise a rejeté l'appel du parquet contre la libération sous caution de Carlos Ghosn. C’est un soulagement ?


Maître François Zimeray : C’est un soulagement, c’est la fin je l’espère d’un cauchemar qui a duré plus de 107 jours, dans des conditions de détention inacceptables, extrêmement dures, que l’on oubliera difficilement. Un procès qui jusqu’à présent était tout sauf équitable. Maintenant il va pouvoir mieux préparer sa défense auprès de ses avocats, et rejoindre ses proches. Je pense que c’est ce à quoi il aspire.

Avez-vous pu joindre sa famille ?

Sa famille est à la fois soulagée, et maintenant prépare le régime de résidence surveillée qui sera le sien à partir de maintenant. Elle est aussi impatiente de pouvoir répondre aux accusations qui ont été distillées par le procureur de Tokyo régulièrement et de façon assez déloyale depuis des mois et qui ne sont pas étayées. Ils vont le faire point par point, de façon très appliquée, comme ce doit être le cas dans une justice qui est respectueuse des règles du procès équitable. Ces règles ont été malheureusement bafouées, violées par la procédure pénale japonaise.

Les conditions de libération conditionnelle sont très restrictives : Carlos Ghosn doit réunir 8 millions d’euros.

Il doit donner toutes les garanties de représentation, donc une caution considérable. Je ne sais pas s’il a déjà pu la réunir. Il y a cette caution et il y a aussi des limitations d’accès, il n’aura pas accès à son passeport. Une résidence filtrée, et une autorisation de sortie très limitée, un contact avec l’extérieur qui est très mesuré. Mais à côté de cet enfer, qui est totalement en contravention avec ce que l’on attend d’une prison respectueuse, c’est accueilli par lui avec satisfaction. C’est une première victoire pour toute l’équipe de défense et aussi pour tous ceux qui se sont mobilisés, il y en a eu au Japon comme ailleurs. Ils ont montré à quel point ce sort était emblématique de violations anciennes et régulières des droits fondamentaux que certains dénonçaient depuis longtemps au Japon.

Quelles suites judiciaires après cette libération sous caution ?

Il faut d’abord espérer qu’il puisse désormais avoir enfin un plein accès aux charges qui lui sont reprochées, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Il va enfin préparer sa défense et répondre point par point à tout ce qui lui est reproché. Il va consacrer le temps qu’il faut à pouvoir préparer sa défense et répondre à toutes ces accusations. Peut-être que cela ira jusqu’au procès, mais nous n’avons pas encore de calendrier de procédure.