Affaire Ghosn : les avocats de Renault dénoncent "les dérapages" de Nissan dans son enquête

Interrogatoires de salariés, tentatives de fouilles d'appartements... Les avocats du constructeur français critiquent ces méthodes dans une lettre adressée à leurs homologues japonais. 

Le siège de Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 24 janvier 2019.
Le siège de Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 24 janvier 2019. (ETIENNE LAURENT / EPA)

La lettre fait une dizaine de pages. Dans un document adressé aux avocats de Nissan, publié par le Journal du Dimanche daté du 10 février, les conseils de Renault dénoncent "les dérapages" du constructeur japonais et s'indignent des méthodes utilisées dans le cadre de leur enquête interne visant Carlos Ghosn.  

Interpellé à Tokyo le 19 novembre, ce dernier est incarcéré au Japon, soupçonné d'abus de confiance et de minoration de revenus dans les déclarations aux autorités boursières de 2010 à 2018.

"Suffisamment de preuves"

Les avocats du constructeur français expriment leurs "sérieuses préoccupations sur les méthodes de Nissan et celles de son conseil juridique pour conduire leur enquête interne et la façon dont ils ont traité quelques salariés de Renault".

"Renault a accumulé suffisamment de preuves pour comprendre et regretter quelles étaient les méthodes utilisées par Nissan et ses avocats pour chercher à faire interroger des salariés de Renault par le bureau du procureur public japonais", ont-ils assuré.

Selon le JDD, Nissan et ses avocats ont cherché "en France des éléments confortant l'accusation contre Carlos Ghosn après l'arrestation de ce dernier et sans en référer à son allié".

Tentatives de fouilles d'appartements de Ghosn 

"De même, ils ont également essayé de fouiller les appartements" de l'ex-patron de l'alliance Renault-Nissan "au Brésil, au Liban et aux Pays-Bas sans informer Renault", indique encore le JDD.

Cette lettre a été envoyée par le cabinet Quinn, Emanuel, Urquhart & Sullivan, à leurs homologues de Nissan, Latham & Watkins, précise le journal.