Cet article date de plus de dix ans.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont affiché vendredi leur unité de vues sur l'euro et les réformes

La chancelière allemande et le président français étaient attendus sur la question d'une émission d'emprunts européens et ont réaffirmé leur opposition à cette idée, à l'issue du 13e conseil des ministres franco-allemand à Fribourg.Nicolas Sarkozy a d'ailleurs relevé que ni Berlin ni Paris n'avaient été consultés sur cette proposition.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
La chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy au sommet franco-allemand de Fribourg, le 10 décembre 2010 (AFP/FREDERICK FLORIN)

La chancelière allemande et le président français étaient attendus sur la question d'une émission d'emprunts européens et ont réaffirmé leur opposition à cette idée, à l'issue du 13e conseil des ministres franco-allemand à Fribourg.

Nicolas Sarkozy a d'ailleurs relevé que ni Berlin ni Paris n'avaient été consultés sur cette proposition.

"Je ne suis pas persuadé que les citoyens français et allemands seraient très heureux que Mme Merkel et moi-même nous acceptions de mutualiser la dette de toute l'Europe alors même qu'il n'y a pas assez d'harmonisation", a-t-il dit. Selon son analyse, "il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs".

"Le partage des taux d'intérêt et des risques ne nous aiderait pas structurellement", a renchéri Angela Merkel. "L'Allemagne et la France ont démontré leur solidarité européenne, je ne pense pas qu'il y ait des leçons à recevoir en la matière", s'est défendu vendredi Nicolas Sarkozy, dont le pays a été jugé trop silencieux ces dernières semaines et à la traîne de Berlin.

"La confiance et l'amitié entre nous se renforcent à chaque fois", a déclaré le président français soulignant "la convergence" des analyses des deux dirigeants sur les réformes structurelles à apporter à l'union monétaire et économique.

Ils ont par ailleurs renouvelé leur "attachement" à la monnaie unique européenne. "L'engagement de l'Allemagne envers la zone euro est intact", a déclaré la chancelière allemande, répétant que "si l'euro échoue, c'est l'Europe qui échoue". "Nous sommes profondément attachés à l'euro parce que l'euro c'est l'Europe", a insisté de son côté le président français.

Un fonds de crise
Les deux dirigeants, hués par une poignée de militants anti-nucléaire et anticapitalistes dans les rues de Fribourg, ont également passé en revue l'ordre du jour du prochain Conseil européen, qui doit approuver la création en 2013 d'un fonds de soutien permanent en cas de crise.

Ce mécanisme, qui succèdera à un fonds de soutien temporaire, est censé rassurer les marchés financiers, inquiets des risques de contagion de la crise de la dette irlandaise à l'Espagne ou au Portugal. "Nous devons entériner ce mécanisme de crise et pour cela changer le traité", a déclaré Angela Merkel, répétant qu'il disposait pour l'instant de suffisamment de réserves alors que certains réclament son augmentation.

Le dispositif temporaire créé au printemps prévoit au total 750 milliards de prêts ou garanties pour des prêts, dont 440 milliards d'euros des pays de la zone euro, 250 milliards du FMI et le reste de l'UE.

Une fiscalité convergente
La convergence fiscale entre les deux pays a également été évoquée. "On ne peut pas dire à nos partenaires 'nous sommes dans la zone euro, il faut converger pour défendre l'euro' et nous, Allemands et Français, donner le mauvais exemple", a souligné Nicolas Sarkozy.

Il a précisé que cette convergence constituait "le prélude de la nécessaire convergence économique dans la zone euro bien sûr, et plus largement dans l'ensemble de l'Union européenne".

Symboles de l'union franco-allemande, un pont TGV à deux voies qui enjambe le Rhin entre la France (Strasbourg) et l'Allemagne (Kehl) a été inauguré ce jour de sommet franco-allemand, tandis que la première unité de combat allemande à stationner sur le sol français depuis 1945 a été installée à Strasbourg.

La succession à la BCE éludée
La chancelière allemande Angela Merkel a refusé de commenter vendredi les rumeurs évoquant une éventuelle succession d'Axel Weber, actuel gouverneur de la Bundesbank, à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) l'année prochaine, soutenant que cette question n'était pas à l'ordre du jour.

Axel Weber fait figure de favori pour succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE mais a été au coeur d'une contreverse en critiquant le programme de rachat d'actifs de la banque centrale, mis en place pour répondre à la crise budgétaire européenne. Le mandat de l'actuel président français de la BCE expire en novembre 2011.

L'Allemagne veut négocier un accord sur plusieurs postes financiers à responsabilité en Europe, dont celui de président de la BCE et les discussions en ce sens pourraient commencer dès janvier, rapportait vendredi l'édition allemande du Financial Times.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.