Air France : la direction va porter plainte après des "violences physiques"

La direction d'Air France a présenté lundi matin son plan de restructuration en Comité central d'entreprise qui prévoit la suppression de 2.900 postes. Une réunion interrompue par des salariés qui s'en sont pris à des membres de la direction. Plusieurs personnes ont été blessées. Air France a décidé de porter plainte. Les syndicats, de leur côté, en appellent au gouvernement.

(Le DRH d'Air France Xavier Broseta, chemise arrachée, a été évacué par le service d'ordre, après avoir été pris à partie par des manifestants lors du CCE © Reuters)

Un Comité central d'entreprise (CCE)  mouvementé lundi matin au siège d'Air France à Roissy alors que la direction de la compagnie présentait son plan B après l'échec des négociations sur Perform 2000 avec les pilotes. Plusieurs dizaines de salariés en uniforme porteurs de pancartes et très en colère ont manifesté ciblant le PDG de la compagnie Frédéric Gagey ("Dégage") et le Premier ministre Manuel Valls ("Arbitre vendu!"). 

Le Comité central d'Air France à Roissy a été très mouvementé lundi matin. Le reportage de notre envoyée spéciale sur place, Isabelle Raymond.
--'--
--'--

Plusieurs blessés, selon la direction 

Un petit groupe a même réussi à s'introduire par l'arrière du bâtiment et à faire interrompre le CCE. Ces salariés s'en sont pris physiquement à des membres de la direction, selon notre envoyée spéciale sur place. Le DRH d'Air France, Xavier Broseta, a été violemment pris à partie. Il a été évacué torse nu par un important service d'ordre, après que des manifestants lui ont arraché sa chemise. Pierre Plissonnier, DRH de Roissy, a lui aussi eu la chemise déchirée.

A LIRE AUSSI ►►► Le DRH d'Air France "déçu" et "choqué" après son agression 

Air France a annoncé dans un communiqué à la mi-journée vouloir déposer une plainte pour "violences aggravées". D'après la direction, plusieurs personnes ont été blessées, dont une a dû être "hospitalisée". 

Après avoir déclaré dans un premier temps que le CCE ne reprendrait pas ce jour, le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a affirmé en fin d'après-midi que la direction était "disponible à tout moment" pour relancer les négociations, en particulier avec les hôtesses/stewards et les pilotes. 

Manuel Valls "scandalisé" par les débordements

Ces violences sont "inacceptables ", a fermement réagi le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies. Elles "méritent d'être sanctionnées ", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Manuel Valls s'est dit "scandalisé"  : "La situation de l'entreprises est difficile, mais rien ne justifiera jamais de tels débordements" , a-t-il déclaré en marge d'un déplacement à Tokyo au Japon. Le leader de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi condamné les violences.

2.900 suppressions de postes en vue, les syndicats en appellent au grouvernement

La direction d'Air France a officiellement lundi matin confirmé aux représentants du personnel son projet de réduire l'activité de la compagnie. Selon les syndicats, elle compte supprimer 2.900 postes : 1.700 emplois au sol, 900 chez les hôtesses et stewards et 300 chez les pilotes. C'est la première fois que des licenciements secs sont envisagés.

Quatorze appareils long-courrier (5 en 2016 et 9 en 2017) vont être supprimés. Et une commande de Boeing 787 devrait être annulée. Toujours selon les syndicats, la compagnie va procéder à des réductions de fréquences sur 22 lignes en 2016 et à une "plus forte saisonnalité" sur six autres lignes, qui "n'existeront que l'été ou l'hiver par exemple."

La majorité des syndicats d'Air France en a appelé lundi soir au gouvernement, lui réclamant "un engagement fort" : "Seul un projet industriel fondé sur un développement fédérateur et ambitieux pourra susciter l'adhésion de l'ensemble des salariés",  écrivent-ils dans un communiqué.

(Le plan de restructuration d'Air France)