Témoignages "On a dû se débrouiller tout seuls parce qu'on n'avait pas d'info" : ces voyageurs racontent leurs galères de vacances à cause des annulations de vols

Après deux ans de Covid, le trafic aérien reprend à plein régime cet été, avec des vols remplis de vacanciers. Mais entre manque de personnel et grèves à répétition, les perturbations s'enchaînent et chamboulent les plannings des touristes.

Article rédigé par
Romane Brisard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des vacanciers bloqués à l'aéroport de Francfort à cause de l'annulation de leur vol, le 27 juillet 2022. (FRANK RUMPENHORST / DPA VIA AFP)

Le 22 juillet dernier, Temehani, son mari et son nourrisson embarquent pour Tahiti, depuis l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris. Sur le papier, leur escale à San Francisco doit durer deux heures. Dans les faits, la famille aura attendue 26 heures dans l'aéroport après quatre reports de vols. Aucune prise en charge ni dédommagement de la part de leur compagnie low cost French Bee : "On n'avait même pas d'eau pour les biberons, la compagnie refusait de nous en fournir, raconte Temehani. La seule chose qu'on a reçue, c'est un mail automatique en demandant comment s'est passé notre vol."

"On n'a eu aucune proposition de relogement, on nous a même refusé des couvertures pour pouvoir dormir par terre."

Temehani, vacancière

à franceinfo

Ce voyage prévu pour durer 22 heures sest donc éternisé sur quasi trois jours. Résultat : "On avait un mariage le samedi, on n'est pas arrivés à temps puisqu'on a atterri le dimanche matin. On comptait assister à un second mariage avec notre famille ici, pour présenter notre fille qui n'a jamais vu ses grands-parents. Au final, ça fait deux jours qu'on dort parce que pendant 72 heures, on n'a pas dormi."

Neuf heures de car au lieu d'une heure en avion

Si Temehani a encore quelques semaines pour profiter de la Polynésie, Victor, lui, avait prévu un voyage express à Rome, du 15 au 18 juillet. Une heure avant le décollage, la compagnie Easy Jet supprime son vol au départ de Nice : "On a dû se débrouiller tout seuls parce qu'on n'avait pas d'info. J'ai pris un train et un FlixBus : neuf heures de trajet avec le car, au lieu d'une heure par avion." Une journée de vacances perdue, "sachant qu'il n'y a pas de dédommagement de la compagnie", soupire-t-il. Sans oublier une centaine d'euros de frais supplémentaires pour Victor, uniquement pour l'aller : "Au moins, au retour, j'ai eu un vol ! ironise-t-il. Mais avec trois heures de retard tout de même, et toujours pas de compensation évidemment."

>>TEMOIGNAGES. "On n'a eu aucune proposition de la compagnie" : des milliers de passagers sans solution après l'annulation de vols EasyJet

Un aller-retour où Victor aurait pu rencontrer Marc, s'il n'avait pas décidé de rester en France. "Adieu les vacances romaines, le Colisée, le Vatican", explique-t-il, amer. A 21h30, on reçoit un mail disant que le vol est annulé, on se retrouve ne sachant que faire." Aucun autre vol proposé, et près de 1 000 euros de dépenses d'hôtels et d'activités envolés. Même pour son anniversaire, difficile de se permettre d'autres frais sans compensation financière. Il l'affirme, "plus jamais de la vie" il n'embarquera avec cette compagnie : "Je m'en suis remis, mais je ne tolère pas les méthodes."

"Ils sont capables de prendre des réservations, donc notre argent, mais quand il s'agit de rendre le service pour lequel vous avez payé, ils sont incapables de le fournir !"

Marc, vacancier

à franceinfo

Des retards et des annulations qui coûtent aussi très cher aux compagnies aériennes elles-mêmes. 157 millions d'euros au deuxième trimestre pour Easy Jet, qui déclare cependant que la situation s'est améliorée en ce mois de juillet.

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