La liquidation judiciaire de la compagnie aérienne XL Airways est prononcée, après le rejet de la seule offre de reprise

Les vols de la compagnie sont interrompus depuis lundi 15 heures. Cette décision est synonyme de licenciement pour ses 570 salariés.

Un Airbus A330 de la compagnie à bas coûts XL Airways France lors de son vol inaugural, le 4 décembre 2012.
Un Airbus A330 de la compagnie à bas coûts XL Airways France lors de son vol inaugural, le 4 décembre 2012. (MAXPPP)

Après le redressement judiciaire, le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé, vendredi 4 octobre, la liquidation judiciaire de la compagnie aérienne française XL Airways, après le rejet de la seule offre de reprise. "Très concrètement, au maximum dans 21 jours, les [570] salariés vont être licenciés", a confirmé Aline Chanu, avocate du comité d'entreprise d'XL Airways, présente au tribunal, lors de la publication du jugement.

XL Airways a transporté en 2018 quelque 730 000 passagers avec quatre Airbus A330, tous en leasing. Elle desservait essentiellement l'Amérique du Nord, notamment les Etats-Unis, les Antilles et La Réunion, mais aussi la Chine. "XL AIRWAYS se voit malheureusement dans l'obligation de suspendre tous ses vols à compter du 30 septembre 2019 à 15H00 locale Paris jusqu'au lundi 7 octobre inclus", indiquait encore la compagnie sur son site internet, vendredi à 14h30. Elle détaille aussi les modalités de remboursement pour les titulaires d'un billet.

Une "catastrophe sociale"

C'est Gérard Houa, qui était actionnaire minoritaire d'Aigle Azur via sa société Lu Azur, qui avait déposé la seule offre examinée mercredi par le tribunal. Il avait proposé "30 millions d'euros" pour la reprise de la compagnie à bas coût et prévoyait de conserver près de la moitié des effectifs. "L'offre a été considérée comme irrecevable, c'est-à-dire non financée", a indiqué Aline Chanu.

"Cette catastrophe sociale, bien évidemment, s'ajoute à celle d'Aigle Azur et peut-être aussi à d'autres qui vont venir si l'Etat ne fait rien", a déploré l'avocate, mettant en cause une concurrence jugée déloyale de certaines compagnies et la responsabilité des pouvoirs publics.

Les salariés "voient leur vie bouleversée sans qu'aucune mesure n'ait été prise. Ils considèrent que l'Etat aujourd'hui est responsable en grande partie de cette liquidation judiciaire parce qu'il a laissé s'implanter et même facilité l'implantation de compagnies aériennes 'low cost' sur le territoire français, qui ne respectent pas le minimum légal en termes de législation".