Histoire secrète : comment la reprise d'Aigle Azur a capoté

La compagnie aérienne XL Airways semble promise au même avenir qu'Aigle Azur, placée en liquidation judiciaire vendredi 7 septembre. Aucune offre de reprise n'avait été retenue. Les 1 150 employés vont être licenciés. Il y avait pourtant eu 14 offres. Pourquoi aucune reprise n'a-t-elle été possible ?

FRANCE 2

Comment a-t-on laissé mourir Aigle Azur, la deuxième compagnie française, avec des repreneurs qui jettent l'éponge les uns après les autres ? Au départ, c'est l'affolement au ministère des Transports. "Le secrétaire d'État met tout le monde autour de la table", raconte un témoin. "Et là, on prend des feuilles blanches pour voir ce qu'on peut faire, dans une urgence folle". Un des repreneurs pointe du doigt l'État, qui dit n'avoir eu "aucun contact avec Bercy". "Le ministère est allé au plus simple : il est allé voir les opérateurs bien établis comme Air France", accuse-t-il. Pari perdant : les options Air France et Air Caraïbes font flop, car au bout du compte, "personne n'a jamais mis d'enveloppe sur la table", raconte un acteur de la négociation.  

"C'est plus malin de laisser Aigle Azur faire faillite" 

Air France aurait été effrayée par de trop nombreuses contraintes, parmi lesquelles le devoir de reprendre l'ensemble des salariés d'Aigle Azur, avec leurs statuts parfois plus avantageux. "Clairement, Air France a voulu éviter une grève. Les pilotes d'Air France n'auraient jamais accepté", explique une source proche du dossier. En clair, résume un expert du secteur, "pour Air France, c'est plus malin de laisser Aigle Azur faire faillite, et de récupérer ensuite du personnel à ses conditions". Surtout que les syndicats d'Aigle Azur peuvent faire peur, selon l'ancienne direction, qui décrit une ambiance dure, peu propice à la négociation. La liquidation judiciaire n'a pas pu être évitée. Elle est désormais officielle.  

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Mise en liquidation judiciaire, Aigle Azur était la deuxième compagnie française. 
Mise en liquidation judiciaire, Aigle Azur était la deuxième compagnie française.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)